La mobilisation autour des « atrocités de l'ennemi », Russie 1914-1918

En Russie, du 9 avril 1915 au 12 juin 1918, une Commission extraordinaire d’enquête dirigée par le sénateur Krivtsov a été chargée d’« instruire les cas de non-respect par les ennemis allemands et austro-hongrois, puis turcs, des lois et coutumes de la guerre ». Ses travaux, diffusés en Russie et à...

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Autore principale: Sumpf, Alexandre
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Les Cahiers de Framespa 2012
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Sumpf, Alexandre
La mobilisation autour des « atrocités de l'ennemi », Russie 1914-1918
description En Russie, du 9 avril 1915 au 12 juin 1918, une Commission extraordinaire d’enquête dirigée par le sénateur Krivtsov a été chargée d’« instruire les cas de non-respect par les ennemis allemands et austro-hongrois, puis turcs, des lois et coutumes de la guerre ». Ses travaux, diffusés en Russie et à l’étranger, s’inscrivent dans un ample effort de la part des institutions et de la société civile (obschestvennost) pour donner à voir les « horreurs de la guerre ». Il s’agit toutefois moins de démontrer la supériorité de la guerre « juste » des Russes que d’obtenir l’investissement des civils et de nourrir les appréhensions des soldats en insistant sur les représentations, en condamnant moralement, tout en se plaçant sur le plan judiciaire. La faible influence de la Commission sur la définition russe du conflit en cours, la mobilisation de l’opinion russe, la conversion d’éventuelles nations à l’Entente ou l’élaboration d’un acte d’accusation clair en vue du grand procès de la guerre allemande, tient à un fonctionnement amateur et surtout à une médiocre reconnaissance officielle. L’expérience se clôt brusquement en 1918, laissant non résolus les problèmes de violence interethnique et interclasse soulevés, tandis que peine à se construire une mémoire spécifique du premier conflit mondial.
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