La politique du conte aux xviie et xviiie siècles
Les déclarations théoriques de Perrault à propos de ses contes, dont il ne cache pas qu’il a banni tout propos susceptible de heurter la bienséance, établissent le modèle poétique d’une narration enjouée et naïve qui berce ingénieusement la raison et enchante l’esprit. Elles définissent un mode d’éc...
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Féeries
2007
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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openedition-oai:revues.org:feeries_137 https://doi.org/10.4000/feeries.137 urn:doi:10.4000/feeries.137 fr https://journals.openedition.org/feeries/137 2007-02-13T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/gavz All rights reserved La politique du conte aux xviie et xviiie siècles Féeries UGA Éditions - Université Grenoble Alpes info:eu-repo/semantics/reference/issn/1957-7753 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1766-2842 URI:https://journals.openedition.org/feeries Defrance, Anne Les déclarations théoriques de Perrault à propos de ses contes, dont il ne cache pas qu’il a banni tout propos susceptible de heurter la bienséance, établissent le modèle poétique d’une narration enjouée et naïve qui berce ingénieusement la raison et enchante l’esprit. Elles définissent un mode d’écriture ludique mais contrôlé, travaillé par des interdits.Suivant l’invitation de ce pionnier à découvrir « dans ces “bagatelles” qu’elles ne [sont] pas de pures bagatelles », on montre, dans un premier temps, par une analyse développée du premier de ses Contes en vers, La marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis, nouvelle (1691), comment ce texte déplace son propos, du domaine politique au domaine privé, à partir d’un modèle sous-jacent, celui de la monarchie absolue de droit divin. Il peut dès lors se lire comme une dénonciation des dangers de l’absolutisme, sujet majeur que les conteurs, à sa suite – parfois avec moins de précautions – continueront de viser.Dans un deuxième temps, on fait valoir la prégnance du politique dans les contes littéraires de la fin du xviie siècle à la fin du xviiie siècle, quels que soient les sous-genres dans lesquels la critique les a rangés (conte merveilleux, conte libertin, conte orientalisant, conte philosophique…), catégories dont les frontières sont souvent poreuses. The politics of the fairy tale in the 17th and 18th centuries: towards an oblique reading : The theoretical statements Perrault made on his tales from which he explicitly banned any detail likely to trespass bienséance [decorum], established the poetic model of a naive and lively narrative. Those statements define a mode of playful writing which is also under control and dictated by a forbidding of some spoken words.Following Perrault’s invitation to discover in those bagatelles [knick-knacks] that they are in fact not just that, I show how Perrault’s first tale in verse, La marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis, nouvelle (1691) displaces its message from the political to the private domain. I show how it does so following the underlying model of the absolute monarchy by divine right. Griselidis can thus be read as a denunciation of the dangers of absolutism that many fairy tale writers after Perrault will continue to target, sometimes with less precautions.I then show the importance of political discourse in literary tales from the end of the 17th century to the end of the 18th, whatever the sub-genres in which they have been ranked, subgenres which are far from being watertight (the marvelous, libertine, oriental, philosophical fairy tale). |
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Les déclarations théoriques de Perrault à propos de ses contes, dont il ne cache pas qu’il a banni tout propos susceptible de heurter la bienséance, établissent le modèle poétique d’une narration enjouée et naïve qui berce ingénieusement la raison et enchante l’esprit. Elles définissent un mode d’écriture ludique mais contrôlé, travaillé par des interdits.Suivant l’invitation de ce pionnier à découvrir « dans ces “bagatelles” qu’elles ne [sont] pas de pures bagatelles », on montre, dans un premier temps, par une analyse développée du premier de ses Contes en vers, La marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis, nouvelle (1691), comment ce texte déplace son propos, du domaine politique au domaine privé, à partir d’un modèle sous-jacent, celui de la monarchie absolue de droit divin. Il peut dès lors se lire comme une dénonciation des dangers de l’absolutisme, sujet majeur que les conteurs, à sa suite – parfois avec moins de précautions – continueront de viser.Dans un deuxième temps, on fait valoir la prégnance du politique dans les contes littéraires de la fin du xviie siècle à la fin du xviiie siècle, quels que soient les sous-genres dans lesquels la critique les a rangés (conte merveilleux, conte libertin, conte orientalisant, conte philosophique…), catégories dont les frontières sont souvent poreuses. |
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