« Mort à César ! » Naissance et diffusion du topos du Brutus tyrannicide chez les républicains florentins de la Renaissance

Tandis que Dante, dans son Purgatoire, rapproche encore la naissance du Christ d’un monde romain pacifié par César, on trouve dans le Canzoniere de Pétrarque six sonnets (44, 57, 102 : Cesare, poi che ‘l traditor d’Egitto, 103, 104 et 155 : Non fur ma’ giove et Cesare sì mossi) où, de façon très cla...

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Hoofdauteur: Nardone, Jean-Luc
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Cahiers d’études romanes 2016
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collection OpenEdition Journal
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Brutus
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Médicis
César
Brutus
tyrannie
Michel-Ange
Machiavelli
Medici
Cesare
Bruto
tirannia
Michelangelo
Nardone, Jean-Luc
« Mort à César ! » Naissance et diffusion du topos du Brutus tyrannicide chez les républicains florentins de la Renaissance
description Tandis que Dante, dans son Purgatoire, rapproche encore la naissance du Christ d’un monde romain pacifié par César, on trouve dans le Canzoniere de Pétrarque six sonnets (44, 57, 102 : Cesare, poi che ‘l traditor d’Egitto, 103, 104 et 155 : Non fur ma’ giove et Cesare sì mossi) où, de façon très claire, le premier empereur est avant tout l’ennemi de la république à laquelle il a mis fin. D’autres textes de Pétrarque (De Viris illustrtibus, la lettre familière II, 8, etc.) tempèrent ce jugement mais l’extraordinaire succès de son œuvre poétique en italien instaure cette lecture de l’histoire de façon durable. De cela participent deux éléments déterminants à Florence : un attachement très fort aux valeurs républicaines et la longue domination des Médicis, de 1434 à 1494 tout d’abord, puis, après les épisodes républicains, de 1530 à 1737. L’exil des républicains anti-médicéens forge peu à peu, dans la droite ligne des poésies pétrarquiennes (Pétrarque était lui-même exilé et fils d’exilé), le mythe d’une tyrannie antirépublicaine dont Jules César est le modèle absolu. Telle est l’image de César que répand Machiavel dans son Prince, telle est la justification de la sculpture par Michel-Ange du buste de Brutus, le héros tyrannicide, telle est l’interprétation républicaine de l’assassinat d’Alexandre de Médicis par son cousin Lorenzo, le Lorenzaccio de Musset. Cette intervention vise donc à explorer le mythe d’un Brutus tyrannicide dans la littérature italienne, de ses origines à sa disparition progressive (fin XVIe - début XVIIe). Car l’absolutisme habile des Médicis à partir du successeur d’Alexandre conduit à l’étouffement de l’idéal républicain des Florentins. L’auteur de l’Histoire florentine, dont Sand puis Musset tirent le sujet du Lorenzaccio, est emblématique de cette puissance : l’ouvrage de Varchi n’est publié qu’au XVIIIe siècle.
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