Monde « réel » et monde imaginaire. Le rôle de la bande son dans Eraserhead, de David Lynch

Par définition, un film de fiction dépeint un monde imaginaire dans lequel évoluent – le plus souvent – des personnages, que le spectateur feint de considérer comme des êtres de chair et de sang, en vertu de ce que l’on nomme le « pacte de fiction ». Au sein de ce monde imaginaire ou monde diégétiqu...

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প্রধান লেখক: Bobée, Emmanuelle
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: Entrelacs 2012
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collection OpenEdition Journal
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description Par définition, un film de fiction dépeint un monde imaginaire dans lequel évoluent – le plus souvent – des personnages, que le spectateur feint de considérer comme des êtres de chair et de sang, en vertu de ce que l’on nomme le « pacte de fiction ». Au sein de ce monde imaginaire ou monde diégétique, comment le spectateur peut-il faire la distinction entre ce qui est « réel », du point de vue des personnages, et ce qui ne l’est pas ? En effet, contrairement à ce qui se produit dans la vie réelle, ce dernier peut, le cas échéant, avoir un accès direct, par le biais de l’image et/ou du son, aux pensées, rêves et fantasmes des protagonistes. En nous appuyant sur la théorie de l’énonciation, adaptée au récit filmique, nous étudierons le rôle de la bande son dans la perception des mo ndes enchâssés, avant de proposer une classification des éléments sonores et musicaux (sons réels, sons subjectifs, sons imaginaires, etc.). Ce classement, qui repose à la fois sur la localisation de la source sonore et sur la détermination du point d’écoute, permet de rendre compte, sur le plan sonore, des procédés utilisés afin d’introduire une subjectivisation du récit filmique.Nous illustrerons notre propos par une étude du traitement sonore dans le premier long métrage de David Lynch : Eraserhead. Ce film met en présence des espaces diégétiques réels et imaginaires qui, bien qu’ils soient clairement distincts, ne sont pas pour autant hermétiquement clos. L’interpénétration des espaces fictionnels devra mobiliser toute notre attention, puisque c’est précisément là, à la croisée des mondes (réel et imaginaire), que le traitement sonore joue un rôle prépondérant dans la compréhension du film.
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