Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?

La Troisième Conférence des Œuvres sur le Droit de la Mer (Montego Bay, 1982) a engendré, en 1994, la mise en place d’un nouveau Droit de la Mer, sorte de constitution universelle des espaces maritimes et océaniques de la planète. Sa grande innovation consiste en une nationalisation de la mer, attri...

Descrizione completa

Salvato in:
Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/eccs,
Autore principale: Sanguin, André-Louis
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Études canadiennes / Canadian Studies 2015
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id openedition-oai:revues.org:eccs_358
record_format openedition
spelling openedition-oai:revues.org:eccs_358 https://doi.org/10.4000/eccs.358 urn:doi:10.4000/eccs.358 fr https://journals.openedition.org/eccs/358 2015-06-23T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/ff6z All rights reserved Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ? Études canadiennes / Canadian Studies Association française des études canadiennes (AFEC) info:eu-repo/semantics/reference/issn/2429-4667 info:eu-repo/semantics/reference/issn/0153-1700 URI:https://journals.openedition.org/eccs Sanguin, André-Louis Arctique politique étrangère souveraineté droit international foreign policy sovereignty Arctic international law La Troisième Conférence des Œuvres sur le Droit de la Mer (Montego Bay, 1982) a engendré, en 1994, la mise en place d’un nouveau Droit de la Mer, sorte de constitution universelle des espaces maritimes et océaniques de la planète. Sa grande innovation consiste en une nationalisation de la mer, attribuant aux Etats côtiers une Zone Economique Exclusive de 200 milles à partir de leur littoral (12 milles de mer territoriale exclusive + 188 milles de mer patrimoniale économique). Par la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques, le Canada a étendu unilatéralement en 2009 la limite de ses eaux territoriales à 200 milles dans l’Arctique. Le Canada est ainsi devenu très clairement l’un des pays leaders dans la course à l’extension de la frontière maritime en haute mer, au même titre que le Chili avec son concept de Mar Presencial.Dans l’Arctique canadien, le paradigme Mare Clausum / Mare Liberum est à l’œuvre entre le Canada, d’un côté, et les Etats riverains ou usagers, de l’autre. L’Arctique canadien est confronté à cinq nouveaux paramètres géopolitiques : la volonté de contrôle des Etats-Unis, les tentatives annexionnistes de la Russie par le biais de la Dorsale de Lomonossov, l’importance grandissante du pétrole et du gaz offshore, l’émergence de nouveaux territoires autochtones (Groenland, Nunavut, Nunavik), les conséquences circulatoires du réchauffement climatique (navigabilité du Passage du Nord-Ouest). Le Canada considère les détroits de son archipel arctique comme des eaux intérieures alors que les Etats-Unis, la Russie et l’Union Européenne les considèrent comme des eaux internationales. Derrière cette opposition politico-juridique, se profile la bataille pour le contrôle ou le partage de cet Eldorado des glaces qu’est devenu l’Arctique. The Third UN Conference on the Law of the Sea (Montego Bay, 1982) gave rise to the implementation of the new Law of the Sea (1994) which is acting as a kind of world constitution for sea and ocean spaces. Its key innovation consists in a nationalization of the sea, which assigns to coastal states a 200-mile Exclusive Economic Zone off their coastline (a 12-mile exclusive territorial sea plus a 188-mile patrimonial economic sea). With the Arctic Waters Prevention Pollution Act (2009) Canada unilaterally extended its territorial waters limit to 200 miles into the Arctic. Thus Canada very clearly becomes one of the leading countries in the race to expand its maritime boundary to high sea in the same way than Chile with its Mar Presencial concept.Within Canada’s Arctic, the Mare Clausum / Mare Liberum paradigm is at work with Canada on the one hand, and waterside or user States on the other. Canada’s Arctic is confronted with five new geopolitical challenges: the US will for control, Russia’s annexation endeavor through Lomonossov Ridge, the push for offshore oil and natural gas drills, the emergence of new indigenous territories (Greenland, Nunavut, Nunavik), the impact of shipping traffic as a result of global warming (Northwest Passage navigability). Canada sees its Arctic archipelago channels as internal waters, while the US, Russia and the EU conceive them as international waters. Beyond this political-legal contrast, a struggle is taking place for the control and share of the Arctic, which is becoming an Ice Eldorado.
collection OpenEdition Journal
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/
topic Arctique
politique étrangère
souveraineté
droit international
foreign policy
sovereignty
Arctic
international law
spellingShingle Arctique
politique étrangère
souveraineté
droit international
foreign policy
sovereignty
Arctic
international law
Sanguin, André-Louis
Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?
description La Troisième Conférence des Œuvres sur le Droit de la Mer (Montego Bay, 1982) a engendré, en 1994, la mise en place d’un nouveau Droit de la Mer, sorte de constitution universelle des espaces maritimes et océaniques de la planète. Sa grande innovation consiste en une nationalisation de la mer, attribuant aux Etats côtiers une Zone Economique Exclusive de 200 milles à partir de leur littoral (12 milles de mer territoriale exclusive + 188 milles de mer patrimoniale économique). Par la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques, le Canada a étendu unilatéralement en 2009 la limite de ses eaux territoriales à 200 milles dans l’Arctique. Le Canada est ainsi devenu très clairement l’un des pays leaders dans la course à l’extension de la frontière maritime en haute mer, au même titre que le Chili avec son concept de Mar Presencial.Dans l’Arctique canadien, le paradigme Mare Clausum / Mare Liberum est à l’œuvre entre le Canada, d’un côté, et les Etats riverains ou usagers, de l’autre. L’Arctique canadien est confronté à cinq nouveaux paramètres géopolitiques : la volonté de contrôle des Etats-Unis, les tentatives annexionnistes de la Russie par le biais de la Dorsale de Lomonossov, l’importance grandissante du pétrole et du gaz offshore, l’émergence de nouveaux territoires autochtones (Groenland, Nunavut, Nunavik), les conséquences circulatoires du réchauffement climatique (navigabilité du Passage du Nord-Ouest). Le Canada considère les détroits de son archipel arctique comme des eaux intérieures alors que les Etats-Unis, la Russie et l’Union Européenne les considèrent comme des eaux internationales. Derrière cette opposition politico-juridique, se profile la bataille pour le contrôle ou le partage de cet Eldorado des glaces qu’est devenu l’Arctique.
author Sanguin, André-Louis
author_facet Sanguin, André-Louis
author_sort Sanguin, André-Louis
title Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?
title_short Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?
title_full Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?
title_fullStr Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?
title_full_unstemmed Entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le Canada dans l’Arctique ?
title_sort entre nouveau droit de la mer et privatisation des océans : jusqu’où va le canada dans l’arctique ?
publisher Études canadiennes / Canadian Studies
publishDate 2015
container_title URI:https://journals.openedition.org/eccs
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/eccs.358
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/eccs/358
_version_ 1877242918526255104