Topodemocracy: Joseph O’Neill and the Spatial Sublime
Si la démocratie a toujours été ou a toujours nécessité un espace de partage, une modalité spatialisée d’être avec d’autres dans un domaine commun susceptible de s’accommoder des singularités du monde, alors la question que se posent de nombreux penseurs, artistes et écrivains du xxe siècle est de s...
Enregistré dans:
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2019
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éthique Autre sublime espace politique démocratie relationnalité proximité co-présence demos O’Neill (Joseph) partage ethics sublime space politics democracy relationality proximity co-presence demos O’Neill (Joseph) other sharing Moraru, Christian Topodemocracy: Joseph O’Neill and the Spatial Sublime |
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Si la démocratie a toujours été ou a toujours nécessité un espace de partage, une modalité spatialisée d’être avec d’autres dans un domaine commun susceptible de s’accommoder des singularités du monde, alors la question que se posent de nombreux penseurs, artistes et écrivains du xxe siècle est de savoir comment les récents développements économiques, politiques et technoculturels ont impacté la planète comme scène de la co-présence. Comme chacun le sait, Jacques Rancière s’est fait entendre en soulignant non seulement que la co-présence de soi et de l’autre et la « distribution du sensible » qui en découle sont un marqueur de la démocratie réelle, mais que de telles « répartitions » (Politique de l’esthétique) ont aussi lieu et peuvent être « communautaires » dans la littérature (Le Fil perdu). De plus, comme il l’affirme, la poésie et, par extension, la littérature en général, caractérisent la configuration de l’unité humaine. Mais c’est aussi ce qui rend la littérature politique. Car la politique, elle aussi, est fondamentalement liée à la répartition sociale et à la redistribution de l’espace. L’article que je propose poursuit la crise de cette articulation relationnelle de l’espace — et par la même occasion l’impasse de la démocratie du xxie siècle — dans le roman The Dog de Joseph O’Neill, publié en 2014. Son livre met en scène — « arrange », « modèle » et « fictionalise » au sens étymologique du latin fingere, comme l’indique Rancière — un sublime ordre spatial mondial qui promet d’être cosmopolite de façon relationnelle et participative. Comme je le montrerai, cet ordre est toutefois sapé par la répartition réelle de la présence humaine dans cet espace. Les multitudes des Émirats Arabes Unis, où se déroule The Dog, ont accès à certains endroits et sont, par conséquent, autorisées à être avec d’autres selon un code de présence sociale contraire à l’éthique que O’Neill découvre et critique. |
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