Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau
Nul n’ignore que l’intimité constitue le cœur du cinéma de Patrice Chéreau. Mais c’est un cœur qui bat à se rompre dès qu’il s’expose à l’état de symptôme. Chez lui, l’intimité est ce qui relève de l’extériorisation subversive du négatif, elle n’est filmable que dans l’expression d’un débordement de...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/doublejeu, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Double Jeu
2018
|
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| id |
openedition-oai:revues.org:doublejeu_821 |
|---|---|
| record_format |
openedition |
| spelling |
openedition-oai:revues.org:doublejeu_821 https://doi.org/10.4000/doublejeu.821 urn:doi:10.4000/doublejeu.821 fr https://journals.openedition.org/doublejeu/821 2018-11-09T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/faiq https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau Double Jeu Presses universitaires de Caen info:eu-repo/semantics/reference/issn/2610-072X info:eu-repo/semantics/reference/issn/1762-0597 URI:https://journals.openedition.org/doublejeu Vasse, David Nul n’ignore que l’intimité constitue le cœur du cinéma de Patrice Chéreau. Mais c’est un cœur qui bat à se rompre dès qu’il s’expose à l’état de symptôme. Chez lui, l’intimité est ce qui relève de l’extériorisation subversive du négatif, elle n’est filmable que dans l’expression d’un débordement des limites corporelles. C’est par l’excès qu’elle se manifeste. Il n’est donc pas rare de voir couler le sang pour la mettre en alerte et la faire jaillir au contact du monde extérieur, jusqu’à soumettre celui-ci à sa temporalité et à sa force. Patrice Chéreau fait du sang la marque la plus aiguë de la littéralité somatique, le moment où le corps se déchire sous la pression trop forte d’une intimité trahie par le retour souvent malveillant du dehors. À chaque fois qu’un corps saigne, il figure à l’extrême une émotivité à proportion d’un réel qui, après avoir été mis à distance, revient s’immiscer dans les veines tel un poison. Everybody knows that intimacy is the heart of Patrice Chéreau’s cinema. But this heart is beating wildly whenever it is exposed as a symptom. For him, intimacy is the subversive exteriorisation of the negative, it can only be shot with the overflowing of corporal limits. Excess is its form of expression. Therefore blood is often flowing so intimacy can be in a state of alert and arise at the contact of the outside world until the outside world is submitted to its temporality and to its strength. To Patrice Chéreau, blood is the sharpest sign of the somatic literality: the body is torn under the pressure of a betrayed intimacy, betrayed because of the – often evil – element coming back from the outside. Whenever a body bleeds, an extreme emotivity is represented to the proportion of a reality which, after having been kept in the distance, returns like a poison that runs through the veins. |
| collection |
OpenEdition Journal |
| language |
Français |
| format |
Article ou chapitre numérique |
| building |
0/Bibliothèque numérique/ 1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/ |
| description |
Nul n’ignore que l’intimité constitue le cœur du cinéma de Patrice Chéreau. Mais c’est un cœur qui bat à se rompre dès qu’il s’expose à l’état de symptôme. Chez lui, l’intimité est ce qui relève de l’extériorisation subversive du négatif, elle n’est filmable que dans l’expression d’un débordement des limites corporelles. C’est par l’excès qu’elle se manifeste. Il n’est donc pas rare de voir couler le sang pour la mettre en alerte et la faire jaillir au contact du monde extérieur, jusqu’à soumettre celui-ci à sa temporalité et à sa force. Patrice Chéreau fait du sang la marque la plus aiguë de la littéralité somatique, le moment où le corps se déchire sous la pression trop forte d’une intimité trahie par le retour souvent malveillant du dehors. À chaque fois qu’un corps saigne, il figure à l’extrême une émotivité à proportion d’un réel qui, après avoir été mis à distance, revient s’immiscer dans les veines tel un poison. |
| author |
Vasse, David |
| spellingShingle |
Vasse, David Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau |
| author_facet |
Vasse, David |
| author_sort |
Vasse, David |
| title |
Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau |
| title_short |
Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau |
| title_full |
Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau |
| title_fullStr |
Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau |
| title_full_unstemmed |
Mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de Patrice Chéreau |
| title_sort |
mauvais sang : le corps effusif dans le cinéma de patrice chéreau |
| publisher |
Double Jeu |
| publishDate |
2018 |
| container_title |
URI:https://journals.openedition.org/doublejeu |
| url |
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/doublejeu.821 https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/doublejeu/821 |
| _version_ |
1877241861524946944 |