À la recherche de la modernité

L’obsession, sinon la vive inclination des touristes chinois pour tout « déploiement » de la modernité est visible dans de nombreux lieux touristiques. Ce souci du moderne présente une conséquence que le regard occidental serait tenté de qualifier de manière péjorative : un regard distant sur le pat...

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Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/com,
Autor Principal: Taunay, Benjamin
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Les Cahiers d’Outre-Mer 2012
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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topic tourism
China
Guilin
urban heritage
heritage protection
tourisme
Chine
Guilin
patrimoine urbain
protection patrimoniale
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Guilin
urban heritage
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tourisme
Chine
Guilin
patrimoine urbain
protection patrimoniale
Taunay, Benjamin
À la recherche de la modernité
description L’obsession, sinon la vive inclination des touristes chinois pour tout « déploiement » de la modernité est visible dans de nombreux lieux touristiques. Ce souci du moderne présente une conséquence que le regard occidental serait tenté de qualifier de manière péjorative : un regard distant sur le patrimoine, au sens du patrimoine matériel, bâti. Aucun commentaire de la part des touristes chinois ne fuse sur l’association ou la juxtaposition, parfois malheureuse, des nouvelles constructions et des édifices anciens « authentiques ». Quelques auteurs ont déjà souligné cette absence de normes dans la protection du patrimoine et la proximité entre patrimoine et pastiche. Pour étayer et prolonger cette idée, cet article propose de se pencher sur les représentations des touristes intérieurs chinois face à ces constructions, non authentiques pour le regard occidental. Un exemple central est choisi, c’est le cas de Guilin, une ville moyenne (700 000 habitants) du Sud-ouest de la Chine, mais une ville connue dans tout le pays pour ses paysages (shanshui). Guilin est devenue tellement touristique que le visage de la cité en a été profondément transformé : le centre-ville a été déplacé de près d’un kilomètre vers le Nord (1997) et de nouvelles constructions « patrimoniales », comme des ponts, des pagodes ou des remparts sont maintenant au cœur des circuits touristiques. Les quartiers centraux de la ville ont été patrimonialisés, c’est-à-dire transformés pour que les touristes puissent ici réaliser « un circuit avec des milliers d’années d’histoire ». Le discours des guides sur ces espaces souligne même l’ancienneté de ces éléments, alors même qu’ils sont très récents (2003 pour les derniers). Cela ne semble pourtant pas choquer les touristes. Au contraire, ces touristes ignorent passablement les sites où les bâtiments de la cité sont « d’époque »  ; ils préfèrent se rendre dans des rues où le bâti a été en très grande partie reconstruit, parfois selon des plans qui diffèrent largement des originaux. C’est la logique de « faire du vieux avec du neuf ». Le regard chinois laisse donc peu de place à la question du vrai et du faux, de l’authentique et de l’artifice, et la déférence pour le bâti est donc ici moins grande qu’en Occident. Les logiques répondent cependant aux souhaits des touristes de vivre une expérience moderne, plutôt qu’une expérience « authentique ».
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Ce souci du moderne présente une conséquence que le regard occidental serait tenté de qualifier de manière péjorative : un regard distant sur le patrimoine, au sens du patrimoine matériel, bâti. Aucun commentaire de la part des touristes chinois ne fuse sur l’association ou la juxtaposition, parfois malheureuse, des nouvelles constructions et des édifices anciens « authentiques ». Quelques auteurs ont déjà souligné cette absence de normes dans la protection du patrimoine et la proximité entre patrimoine et pastiche. Pour étayer et prolonger cette idée, cet article propose de se pencher sur les représentations des touristes intérieurs chinois face à ces constructions, non authentiques pour le regard occidental. Un exemple central est choisi, c’est le cas de Guilin, une ville moyenne (700 000 habitants) du Sud-ouest de la Chine, mais une ville connue dans tout le pays pour ses paysages (shanshui). Guilin est devenue tellement touristique que le visage de la cité en a été profondément transformé : le centre-ville a été déplacé de près d’un kilomètre vers le Nord (1997) et de nouvelles constructions « patrimoniales », comme des ponts, des pagodes ou des remparts sont maintenant au cœur des circuits touristiques. Les quartiers centraux de la ville ont été patrimonialisés, c’est-à-dire transformés pour que les touristes puissent ici réaliser « un circuit avec des milliers d’années d’histoire ». Le discours des guides sur ces espaces souligne même l’ancienneté de ces éléments, alors même qu’ils sont très récents (2003 pour les derniers). Cela ne semble pourtant pas choquer les touristes. Au contraire, ces touristes ignorent passablement les sites où les bâtiments de la cité sont « d’époque »  ; ils préfèrent se rendre dans des rues où le bâti a été en très grande partie reconstruit, parfois selon des plans qui diffèrent largement des originaux. C’est la logique de « faire du vieux avec du neuf ». Le regard chinois laisse donc peu de place à la question du vrai et du faux, de l’authentique et de l’artifice, et la déférence pour le bâti est donc ici moins grande qu’en Occident. Les logiques répondent cependant aux souhaits des touristes de vivre une expérience moderne, plutôt qu’une expérience « authentique ». In search of modernity in Guilin (Guangxi) and his “landscapes” : production of built heritage, internal tourism and developmentThe obsession, otherwise deep inclination of the Chinese tourists for any “display” of the modernity is visible in numerous tourist places. This worry of the modern introduces a consequence which look would be tried to qualify in a pejorative way : a distant look on the heritage, in the sense of material, built heritage. No comment on a portion of the Chinese tourists bursts forth on the association or the juxtaposition, sometimes unhappy, of new building and ancient “genuine” buildings. Some authors have already underlined this absence of norms in the protection of heritage and nearness between heritage and pastiche. To support and extend this idea, this article offers to lean over the presentations of the Chinese internal tourists faced with this building, not genuine for Western look. A central example is chosen : it is the case of Guilin, a middle city (700 000 inhabitants) of the Southwest of China, but a city known in all country for its landscapes (shanshui). Guilin became so popular with the tourists that the face of the city was deeply transformed : the town centre was moved about a kilometre northward (1997) and of new “patrimony” building, as bridges, pagodas or bulwarks are in the middle of tourist circuits now. The central quarters of the city were changed into heritage, that is to say transformed so that the tourists can here accomplish « a circuit with thousands of years of history ». The speech of the guides on these areas underlines the oldness of these elements even, even though they are very recent (on 2003 for the last).It however does not seem to offend against the tourists. On the contrary, these tourists ignore the passable sites where the buildings of the city are « genuine antique » ; they prefer going on streets where the building was in large part rebuild, sometimes according to plans which differ broadly of originals. It is logic « to make of the old with the new ». Chinese look leaves few place therefore in the question of truth and falsehood, genuine and device, and the deference for the building is therefore less big here than in Western countries. Logic answers however the wishes of the tourists to live a modern experience, rather than a “genuine” experience.