Contribution au débat sur l’absence relative de karité au Sénégal oriental : fondements naturels, raisons sociales ?
Le karité (Vitellaria paradoxa) est un arbre commun des savanes ouest-africaines, mais il est presque absent des terres du Sénégal oriental. Pourtant, Vitellaria paradoxa est ici dans son aire écologique de prédilection. Ce fait avait étonné quelques auteurs sans qu’aucune explication ne soit vraime...
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Les Cahiers d’Outre-Mer
2008
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Sénégal oriental karité Mandingue Peul péjoration climatique héritages Eastern Senegal Shea butter tree climatic pejoration Larrue, Sébastien Contribution au débat sur l’absence relative de karité au Sénégal oriental : fondements naturels, raisons sociales ? |
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Le karité (Vitellaria paradoxa) est un arbre commun des savanes ouest-africaines, mais il est presque absent des terres du Sénégal oriental. Pourtant, Vitellaria paradoxa est ici dans son aire écologique de prédilection. Ce fait avait étonné quelques auteurs sans qu’aucune explication ne soit vraiment donnée. Néanmoins, la diminution des précipitations qui sévit en Afrique de l’Ouest depuis la seconde moitié du xxe siècle est fréquemment avancée. Après avoir été présents de la Falémé jusqu’à Tambacounda au xviiie siècle, les karités ont peu à peu disparu. Les exigences écologiques de l’arbre montrent que la baisse de la pluviosité ne peut en être la cause unique. Les raisons sont ailleurs, il faut les chercher dans la dynamique des sociétés locales et dans l’évolution du contexte régional.L’arrivée des pasteurs peuls, dans le sillage des Mandingues, a favorisé les échanges avec les populations locales tenda « mandinguisées ». Jadis, ces groupes autochtones, isolés et autarciques, n’avaient d’autres ressources en matière grasse que « le beurre de karité ». Mais, les échanges croissants avec les produits peuls se sont substitués aux fonctions de Vitellaria paradoxa dont la conservation est progressivement devenue aléatoire. Après un regain d’intérêt pour le karité imputable aux rivalités avec les Peuls et à une « rupture » des échanges aux xviiie et xixe siècles, les populations mandinguisées se sont détournées de l’arbre à beurre. En effet, la diffusion et la culture massive de l’arachide au xixe siècle ont probablement contribué à la perte des vocations traditionnelles du karité dont la conservation ne se justifiait plus. |
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