Les tribulations patriotiques d'un missionnaire jacobin, Philippe-Antoine Dorfeuille

Artiste dramatique et auteur, Philippe-Antoine Dorfeuille (1754-1795), grand voyageur, a vécu personnellement dans les dernières années de l'Ancien Régime l'opposition entre le théâtre de province, le théâtre de boulevard et les grandes institutions à privilèges (Opéra, Comédie française)....

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Auteur principal: Bourdin, Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cahiers d’histoire 2009
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
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Histoire culturelle
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Bourdin, Philippe
Les tribulations patriotiques d'un missionnaire jacobin, Philippe-Antoine Dorfeuille
description Artiste dramatique et auteur, Philippe-Antoine Dorfeuille (1754-1795), grand voyageur, a vécu personnellement dans les dernières années de l'Ancien Régime l'opposition entre le théâtre de province, le théâtre de boulevard et les grandes institutions à privilèges (Opéra, Comédie française). Mal reconnu par ces dernières, il mène carrière en province et va mettre toutes ses forces et son invention au service de la Révolution, multipliant textes et saynètes patriotiques. Missionnaire jacobin (autoproclamé ou investi), il visite successivement les sociétés politiques de tout l'Ouest français (de la Bretagne au Pays basque) puis celles du Midi méditerranéen. L'ironie et la farce, une belle capacité d'analyse sont mises au service de son anticléricalisme, de son hostilité à l'aristocratie, de son exaltation des valeurs militaires (celles des volontaires nationaux). lui-même s'engage, devient aide de camp de plusieurs généraux et se lie d'amitié avec Dubois-Crancé. Successif admirateur de La Fayette et Mirabeau en 1790-1791 et des Girondins en 1791-1792, son évolution le porte vers les Montagnards en 1793, avec une admiration pour Marat et Hébert en 1794. Elle se traduit par une lutte déchristianisatrice prolongée chez cet apôtre de la Nature, du Soleil et de la Raison; par une assimilation au Père Duchene, au nom duquel il écrit à Roanne. Reconnu par les représentants en mission à Lyon (Albitte, Fouché, Collot-d'Herbois surtout), il est chargé de la Commission de justice populaire de Ville-Affranchie, puis de différentes missions dans les départements voisins (du contrôle de la manufacture d'armes de Saint-Étienne en particulier). Cet homme au prosélytisme facile, déteignant sur ses collègues entraînés dans ses jeux vulgarisateurs, ne va pas survivre longtemps à la chute de Robespierre. Sans arrêt inquiété, malgré les appuis dont il jouit au Comité de surveillance générale, il est assassiné dans les prisons lyonnaises en floréal an III.
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