L'élaboration d'un discours identitaire dans l'espace migratoire des Turcs de Thrace occidentale

Les musulmans de Thrace occidentale (Grèce) se caractérisent par le fait qu'ils constituent la seule minorité musulmane balkanique, non issue de l'immigration, de citoyenneté européenne. Ils présentent également la particularité d'avoir un statut reconnu, entériné par un traité intern...

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Xehetasun bibliografikoak
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Egile nagusia: HERSANT, Jeanne
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien 2004
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
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description Les musulmans de Thrace occidentale (Grèce) se caractérisent par le fait qu'ils constituent la seule minorité musulmane balkanique, non issue de l'immigration, de citoyenneté européenne. Ils présentent également la particularité d'avoir un statut reconnu, entériné par un traité international (Lausanne, 1923), et antérieur à toute forme de protection des minorités telle que la promeuvent les institutions européennes. Ce statut ne les a pourtant pas mis à l'abri d'une discrimination banalisée pendant plusieurs décennies. En conséquence l'immigration a toujours été un phénomène récurrent parmi les « Turcs » de Thrace. Le flux migratoire de cette minorité peut être comparé à celui des autres populations musulmanes balkaniques, qui s'effectuent désormais prioritairement en direction de l'Union européenne, au détriment de la Turquie. On observe néanmoins un phénomène de constitution d'une diaspora spécifique qui introduit un jeu nouveau entre l'Etat d'origine, la Grèce, et le réseau des migrants, en faisant entrer en scène un Etat référent, la Turquie. Parallèlement à ce phénomène migratoire, on assiste au resserrement des liens ethniques. Seront abordés les mécanismes de cohésion identitaire au sein du réseau associatif tissé par les migrants en Europe, tels la rhétorique utilisée et la disqualification de toute voix discordante. Le champ lexical adopté comporte une dimension essentialiste, notamment dans la référence à Mustafa Kemal, et s'efforce de constituer l'image d'un peuple martyr, à travers la figure du premier député de la minorité élu sans être affilié à un parti politique grec, Sadýk Ahmet, décédé brutalement en 1995. La deuxième caractéristique de ce discours concerne la violence rhétorique employée qui permet de limiter les défections ou les voix discordantes en les présentant comme des trahisons. On assiste, dans le cas de la Fédération des Turcs de Thrace occidentale en Europe, à une référence marquée aux appartenances primaires, la turcité et l'islam, auxquelles il semble impossible de superposer des appartenances « électives », au sens d'Ernest Renan, telles que l'appartenance civique à l'Etat grec. Enfin, outre l'évolution de la Fédération, depuis la fin des années 1990, vers une connexion de plus en plus active avec le réseau associatif des Turcs de Thrace occidentale de Turquie, lui-même proche de la droite nationaliste turque, la question chypriote apparaît de plus en plus comme un référent dans les représentations véhiculées et les stratégies adoptées.
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