Armée, laïcité et démocratie en Turquie

La Turquie est l'un des seuls pays du monde musulman qui soit une démocratie. Nous désignons par ce terme la démocratie pluraliste qui est apparue en Europe occidentale et a été prise pour modèle par bien des Turcs. La question des progrès passés et à venir du processus de démocratisation est l...

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Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/cemoti,
Tác giả chính: VINOT, François
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien 2004
Truy cập trực tuyến:Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
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description La Turquie est l'un des seuls pays du monde musulman qui soit une démocratie. Nous désignons par ce terme la démocratie pluraliste qui est apparue en Europe occidentale et a été prise pour modèle par bien des Turcs. La question des progrès passés et à venir du processus de démocratisation est largement liée à l'attitude des forces armées, dans de nombreux pays musulmans et plus encore en Turquie. De fait, l'armée ottomane puis turque, parmi les trois élites traditionnelles de l'Empire ottoman (civile-administrative ou mülkiye, militaire ou seyfiye, religieuse ou ilmiye), est particulièrement sensible aux défis de la modernité telle que l'Europe occidentale la représente. Elle y est confrontée à chaque campagne militaire. Elle a donc aidé les éléments les plus modernistes de l'élite civile, sous les Jeunes Turcs comme sous Mustafa Kemal, à imposer les réformes les plus audacieuses, dans un esprit séculier, voire laïciste, affirmé. Depuis l'affirmation du pluralisme politique à partir des années 1950, le laïcisme le plus déterminé a perdu de son poids, au moins relatif, dans les urnes ; d'autre part, l'armée, avant tout sensible aux risques de séparatisme, notamment kurde, a semblé limiter les avancées vers la démocratie, par des coups d'Etat ou des pressions sur le pouvoir civil. Il n'en reste pas moins qu'en empêchant, par des moyens pacifiques, l'instauration d'un régime islamiste, elle protège la République laïque, qui reste susceptible, à terme, de se rapprocher des démocraties occidentales. D'ores et déjà, une grande partie de la société turque est entrée dans une modernité de type occidental. Toutefois, les pesanteurs économiques, ou celles du système éducatif, ne permettent pas de considérer cette évolution comme pleinement achevée.
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