Pierre-Simon Girard, un des premiers ingénieurs des Ponts et Chaussées : du Nil à l’Ourcq

La vie d'un certain nombre d'ingénieurs du début du XIXe siècle en France est peu connue – notamment ceux que l'historien Grattan-Guinness a appelés “ingénieurs-savants” (comme par exemple Coriolis ou Navier). Margaret Bradley entreprend ici de mieux faire connaître Pierre-Simon Girar...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/bibnum,
Autore principale: Bradley, Margaret
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: BibNum 2023
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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description La vie d'un certain nombre d'ingénieurs du début du XIXe siècle en France est peu connue – notamment ceux que l'historien Grattan-Guinness a appelés “ingénieurs-savants” (comme par exemple Coriolis ou Navier). Margaret Bradley entreprend ici de mieux faire connaître Pierre-Simon Girard, un des premiers ingénieurs de Ponts et Chaussées, parmi ceux d'avant la création de l’École polytechnique – comme elle l'avait fait avec Prony, lui aussi ingénieur des Ponts, directeur de l'école de 1798 à 1839.Elle s'appuie sur un document rédigé par Girard lui-même, un état de services datant de 1832 où il détaille non sans emphase ses différentes réalisations. Il est un des ingénieurs responsables lors de l'expédition de Bonaparte en Égypte, où il travaille sur l'élévation du niveau du lit du Nil, et sur la possibilité de créer un canal vers la mer Rouge : les travaux de l'expédition d’Égypte (puis ceux des saint-simoniens sur place) seront précurseurs du creusement du canal de Suez par les Français. Restant en Égypte tard, de 1798 à 1802, il s'y fait remarquer par Bonaparte, qui pendant tout son règne lui apportera son soutien.Le Consul le nomme à son retour, en 1802, responsable du projet de canal de l'Ourcq : il s'agissait d'alimenter Paris en eau potable par un canal régulier où l'on pouvait puiser une eau saine – d'où l'idée de dériver la majeure partie d'une petite rivière du nord-est, l'Ourcq, qui se jetait dans la Marne. Le projet est mené à bien et le canal ouvre sous l'Empire : il est toujours utilisé, notamment en Seine-Saint Denis pour le transport fluvial de matériaux de construction et de gravas.Parallèlement, Girard, ingénieur-savant, avait enrichi la science hydraulique de certains de ses ouvrages, ainsi que la mécanique – il publie en 1798 un traité de résistance des poutres. En 1811, il dessine une fontaine, installée comme château-d ‘eau sur l'actuelle place de la République ; cette fontaine se trouve actuellement à La Villette, près du canal de l'Ourcq.Girard, ingénieur innovant, avait toujours eu maille à partir avec son corps d’origine, les Ponts et chaussées, où son avancement est freiné, compte tenu de son caractère indépendant. Par ailleurs, à la chute de l'Empire, Girard tombe dans une relative disgrâce, comme un certain nombre de savants (Monge, par exemple). Il avait néanmoins été élu à l'Académie des sciences en 1815, et continuera à travailler jusqu'à sa mort en 1836 sur les projets d'aménagement hydraulique et d'assainissement de la ville de Paris.
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