De l’influence de l’acide carbonique de l’air sur la température terrestre

Lauréat du prix Nobel de chimie en 1903, Arrhenius était aussi un passionné de cosmogonie – l’étude des origines de l’univers et de la vie. En souhaitant expliquer les mécanismes des cycles de glaciation, Arrhenius s’appuie sur les propriétés radiatives de l’atmosphère dans l’infrarouge – et notamme...

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Glavni autor: Cros, Sylvain
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: BibNum 2023
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Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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description Lauréat du prix Nobel de chimie en 1903, Arrhenius était aussi un passionné de cosmogonie – l’étude des origines de l’univers et de la vie. En souhaitant expliquer les mécanismes des cycles de glaciation, Arrhenius s’appuie sur les propriétés radiatives de l’atmosphère dans l’infrarouge – et notamment sur les travaux de Fourier, Pouillet et Langley – pour démontrer que la composition chimique de l’air est un facteur déterminant des variations de la température terrestre. Il fait partie des nombreux scientifiques de l’époque qui réfutent la théorie de James Croll (1821-1890) attribuant des causes astronomiques aux glaciations, théorie finalement approfondie et admise grâce, notamment, aux travaux de Milutin Milankovitch (1879-1958) dans les années 1920. Arrhenius calcule qu’un doublement de la quantité de CO2 dans l’air peut provoquer un réchauffement planétaire d’environ 5 °C. Un résultat étonnamment d’actualité quand les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat estiment cette valeur dans une fourchette allant de 2,5 à 4,5 °C (GIEC 2007). Les calculs d’Arrhenius sont aujourd’hui reconnus comme erronés : cependant, malgré le fait que la relative précision de ses résultats soit fortuite, ses travaux sont précurseurs de modèles quantitatifs de l’effet de serre utilisés de nos jours par les climatologues. Ils les utilisent pour quantifier un risque de changements climatiques brusques et irréversibles du à l’émission croissante de CO2. Paradoxalement à nos yeux, Arrhenius écrit dans son ouvrage de vulgarisation paru en 1906, que l’émission de dioxyde de carbone du à l’essor de la révolution industrielle représenterait une solution pour atténuer les conséquences de la prochaine glaciation !
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