Un érasmiste espagnol : Alvar Gómez de Ciudad Real, ou la conciliation de la poésie et de la théologie

Alvar Gómez de Ciudad Real, dans sa lettre latine à Clément VII (dont nous proposons ici la traduction française d'un passage inédit) où il dédie au Pape sa Musa Paulina, défend la légitimité, des points de vue littéraire et théologique, de la transposition des épîtres pauliniennes en vers lati...

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1. Verfasser: Sánchez Martel, Claudine
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Babel 2013
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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topic traduction
poésie néo-latine
poésie et sacré
épîtres de Paul
érasmisme
translation
sacred poetry
saint Paul's epistles
Erasmism
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erasmismo
Sánchez Martel, Claudine
Un érasmiste espagnol : Alvar Gómez de Ciudad Real, ou la conciliation de la poésie et de la théologie
description Alvar Gómez de Ciudad Real, dans sa lettre latine à Clément VII (dont nous proposons ici la traduction française d'un passage inédit) où il dédie au Pape sa Musa Paulina, défend la légitimité, des points de vue littéraire et théologique, de la transposition des épîtres pauliniennes en vers latins qu'il a entreprise. Tout en restant fidèle à la Vulgate, Alvar Gómez a une haute opinion de la valeur littéraire de sa transposition, et manifeste ainsi l'attitude inverse de celle des traducteurs d'œuvres profanes en langue vernaculaire qui l'ont précédé, qui, traditionnellement, reconnaissaient l'infériorité de leur traduction (généralement à cause de défauts de la langue d'arrivée) par rapport au texte original. Cette attitude paradoxale, de la part de quelqu'un qui, par esprit imprégné d'humanisme et par souci de réformer la mentalité du clergé à travers ses lectures, a pour but le retour le plus fidèle aux texte-sources de la foi, s'explique par l'influence de l'érasmisme, et par la souscription, tout à fait compatible, de notre auteur à une certaine sacralisation de la poésie. Dans le petit passage de la lettre que nous étudions, cet auteur manifestement très proche à la fois du milieu clérical et du milieu universitaire humaniste et érasmiste d'Alcalá de Henares, établit les bases d'un latin qui est le produit très bien dominé, original et vivant du mariage entre copie de la prose sacrée des Saintes Écritures et création poétique.
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Tout en restant fidèle à la Vulgate, Alvar Gómez a une haute opinion de la valeur littéraire de sa transposition, et manifeste ainsi l'attitude inverse de celle des traducteurs d'œuvres profanes en langue vernaculaire qui l'ont précédé, qui, traditionnellement, reconnaissaient l'infériorité de leur traduction (généralement à cause de défauts de la langue d'arrivée) par rapport au texte original. Cette attitude paradoxale, de la part de quelqu'un qui, par esprit imprégné d'humanisme et par souci de réformer la mentalité du clergé à travers ses lectures, a pour but le retour le plus fidèle aux texte-sources de la foi, s'explique par l'influence de l'érasmisme, et par la souscription, tout à fait compatible, de notre auteur à une certaine sacralisation de la poésie. Dans le petit passage de la lettre que nous étudions, cet auteur manifestement très proche à la fois du milieu clérical et du milieu universitaire humaniste et érasmiste d'Alcalá de Henares, établit les bases d'un latin qui est le produit très bien dominé, original et vivant du mariage entre copie de la prose sacrée des Saintes Écritures et création poétique. We propose here the translation of an excerpt of Alvar Gómez de Ciudad Real's Latin letter to Pope Clement VII, to whom he dedicated his Musa Paulina. In the letter, he claims that the transposition of saint Paul's letter into Latin lines which he has started is legitimate from both the literary and the theological points of view. Although he asserts his faithfulness to the Vulgate, Alvar Gómez is positive about the high literary value of his work, contrary to previous translators of profane classical works into the vernacular, who traditionally acknowledged the inferior quality of their transposition by comparison with the original text (which was usually due to the inherent limitations of the target language).Alvar Gómez attitude, which may look paradoxical in someone who, with a mind imbued with humanism, willing to reform the mentality of clergymen through reading, aims at a strict return to the original texts of the Catholic faith, can be accounted for by the influence of Erasmus' thought on him, and by his quite compatible support for a certain sacralisation of poetry. In the excerpt of the letter under study, the author, who is obviously very close to both the clerical circles and the humanist and Erasmist university of Alcalá de Henares, establishes the grounds for a Latin vernacular which can be seen as the controlled, original and lively product from a blend of the sacred prose of the Holy Scriptures and poetical invention. Alvar Gómez de Ciudad Real, en su carta latina a Clemente VII (de la que proponemos aquí la traducción francesa de un pasaje inédito) en la que dedica al Papa su Musa Paulina, defiende la legitimidad, desde los puntos de vista literario y teológico, de la transposición de las epístolas paulinianas en versos latinos que ha emprendido. Al tiempo que permanece fiel a la Vulgata, Alvar Gómez estima en mucho el valor literario de su transposición, manifestando así la actitud inversa de la de los traductores de obras profanas antiguas en lengua vernácula que lo precedieron, quienes, tradicionalmente, confesaban la inferioridad de su traducción (generalmente a causa de fallos de la lengua de llegada) con relación al texto original. Esta actitud paradójica en alguien que, por tener un espíritu impregnado de humanismo y por inquietarse por reformar la mentalidad del clero a través de sus lecturas, tiene como meta el regreso más fiel a los textos-fuentes de la Fe, se explica por la influencia del erasmismo, y por la tendencia, muy compatible, de nuestro autor a sacralizar la poesía como es muy tradicional. En el pequeño extracto de la carta que estudiamos, este autor manifiestamente muy próximo al entorno clerical y a la misma vez al entorno universitario humanista y erasmista de Alcalá de Henares, establece las bases de un latín que es el producto muy bien dominado, original y vivo de la unión entre copia de la prosa sagrada de las Santas Escrituras y creación poética.