Le marché de l’art à Strasbourg pendant le Reichsland
Strasbourg, ville de la province française, ne connaît, jusqu’à 1871, comme ces autres villes qu’un marché de l’art local, animé par les réseaux de sociabilité d’une Société des Amis des Arts. Après l’annexion, la Société reprend ses activités vers 1874, en organisant des expositions annuelles, où l...
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| Gepubliceerd in: |
Revue d’Alsace
2012
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| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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Strasbourg, ville de la province française, ne connaît, jusqu’à 1871, comme ces autres villes qu’un marché de l’art local, animé par les réseaux de sociabilité d’une Société des Amis des Arts. Après l’annexion, la Société reprend ses activités vers 1874, en organisant des expositions annuelles, où la Société est le premier client d’œuvres destinée à la redistribution par lots de tombola. Ce « modèle économique » de la Société, qui privilégie « l’art français » n’est plus adapté à l’essor de la ville qui croît et se modernise à partir des années 1890. Le nombre de jeunes artistes locaux a fortement augmenté ; ils se connaissent, se regroupent. Ils réclament des expositions spécifiques et rejettent la tutelle de la Société des Amis des Arts. La première exposition du groupe des artistes alsaciens a lieu en 1897. En même temps, créés par un certain nombre de décorateurs et fabricants de meubles, des « salons d’art » ouvrent à Strasbourg. Le plus important, patronné par la Revue Alsacienne illustrée, ouvre dans la maison Bader-Nottin, rue de la Nuée Bleue. Un autre salon d’art ouvre chez Grombach rue Saint-Nicolas. Les artistes liés à ces salons, quelquefois par « traités » fondent ce qu’on appellera des cercles, Saint-Léonard, chez Bader-Nottin, Saint-Nicolas chez Grombach. Elles recouvrent le plus souvent des associations (Verbände). En 1905, s’ouvre rue Brûlée la maison d’art alsacienne, qui prend la suite de la galerie de la Revue Alsacienne illustrée qui entend promouvoir, avec « les arts industriels » les intérêts économiques des artistes. Le nombre de marchands d’art strasbourgeois ne cesse d’augmenter. La période du Reichsland a vu un marché de l’art strasbourgeois se structurer économiquement, et les Sociétés d’artistes prendre le relais des Sociétés d’Amis. |
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Après l’annexion, la Société reprend ses activités vers 1874, en organisant des expositions annuelles, où la Société est le premier client d’œuvres destinée à la redistribution par lots de tombola. Ce « modèle économique » de la Société, qui privilégie « l’art français » n’est plus adapté à l’essor de la ville qui croît et se modernise à partir des années 1890. Le nombre de jeunes artistes locaux a fortement augmenté ; ils se connaissent, se regroupent. Ils réclament des expositions spécifiques et rejettent la tutelle de la Société des Amis des Arts. La première exposition du groupe des artistes alsaciens a lieu en 1897. En même temps, créés par un certain nombre de décorateurs et fabricants de meubles, des « salons d’art » ouvrent à Strasbourg. Le plus important, patronné par la Revue Alsacienne illustrée, ouvre dans la maison Bader-Nottin, rue de la Nuée Bleue. Un autre salon d’art ouvre chez Grombach rue Saint-Nicolas. Les artistes liés à ces salons, quelquefois par « traités » fondent ce qu’on appellera des cercles, Saint-Léonard, chez Bader-Nottin, Saint-Nicolas chez Grombach. Elles recouvrent le plus souvent des associations (Verbände). En 1905, s’ouvre rue Brûlée la maison d’art alsacienne, qui prend la suite de la galerie de la Revue Alsacienne illustrée qui entend promouvoir, avec « les arts industriels » les intérêts économiques des artistes. Le nombre de marchands d’art strasbourgeois ne cesse d’augmenter. La période du Reichsland a vu un marché de l’art strasbourgeois se structurer économiquement, et les Sociétés d’artistes prendre le relais des Sociétés d’Amis. Before 1871, as a typical province place, Strasbourg, like other cities, only had a local art market in the hands of the notabilities of the Society of the Friends of Art. After the annexion, in 1874, the Society resumed its activities, organizing annual exhibits where the Society was the actual buyer, then redistributing them as raffle prizes. This “economic model” of the Society favouring “French art” was no longer adapted to the growth of modernising cities after 1890. The number of young artists, both friends and collaborators, grew tremendously. They called for specialised exhibits, rejecting the patronage of the Society. The first show with the group of Alsatian artists took place in 1897. At the same time a certain number of decorators and furniture designers opened “art shows”, the most important one, sponsored by the Revue Alsacienne Illustrée, in the Bader-Nottin gallery, in the Nuée Bleue street, or in the Grombach gallery, in the Saint-Nicolas street. All the artists involved in this movement, sometimes ruled by a contract, founded what came to be called “circles”, Saint Leonard at Bader-Nottin’s, Saint Nicolas at Grombach’s, mainly in the shape of associations (Verbände, in German). In 1905 the Alsatian Art House –the successor of the Illustrated Alsatian Journal gallery– was inaugurated in the Rue Brûlée, promoting the economic interests of artists, along with the notion of “industrial art”. The number of art dealers was permanently increasing and during that period the art market in Strasbourg was taking shape economically, and the Society of Artists was to replace the Sociey of the Friends of Art. Bis 1871 ist Straßburg eine französische Provinzstadt. Wie in die anderen Provinzstädte ist auch sein Kunstmarkt nur ein lokales. Akteure sind die Mitglieder des Vereins der Kunstfreunde. Nach der Angliederung an das Deutsche Reich wird der Verein gegen 1874 wieder aktiv und veranstaltet im Jahreszyklus Ausstellungen. Bester Käufer von Kunstwerken ist die Gesellschaft selbst. Die Werke erwirbt sie, um sie in Tombolas über Lose verteilen zu können. Die Stadt schwingt sich ab 1890 auf, modernisiert sich und glaubt an ihre neue Bestimmung. Die Kunstfreunde verstehen, ihr „Wirtschaftsmodell“, das die „französische Kunst“ bevorzugt, paßt nicht mehr zu dieser Stadt. Die Zahl der jungen lokalen Künstler wird immer größer. Sie kennen einander und schließen sich zusammen. Sie fordern spezielle Ausstellungen, weigern sich aber, sich weiterhin von dem Verein der Kunstfreunde bevormunden zu lassen. Die erste Ausstellung dieser Gruppe elsässischer Künstler findet im Jahre 1897 statt. Etwa zur gleichen Zeit eröffnen in Straßburg mehrere Dekorationsmaler und Möbelfabrikanten „Kunstsalons“. Der bedeutendste steht unter dem Patronat der Elsässischen Illustrierten Rundschau und befindet sich in den Räumen des Hauses Bader-Nottin in der Blauwolkenstrasse. Ein anderer wird bei Grombach in der Sankt-Nikolausstraße eröffnet. Die Künstler stehen bei diesen Salons mitunter unter Vertrag, schließen sich zusammen und gründen Vereinigungen, die man Kreise nennt. Ihre Namen: Sankt Leonhard bei Bader-Nottin, Sankt Nikolaus bei Grombach. Im Jahre 1905 eröffnet in der Brandgasse das Elsässische Haus der Kunst, Nachfolger der Galerie der Elsässischen Illustrierten Rundschau. Diese hat vor, zusammen mit den Kunstgewerben die wirtschaftlichen Interessen der Künstler zu fördern. Es gibt immer mehr Kunsthändler in der Rheinmetropole. Der Straßburger Kunsthandel hat sich in der Zeit des Reichslandes neue wirtschaftliche Strukturen gegeben, und die Verbände der Künstler treten die Nachfolge der Kunstfreunde an. |