Predynastic Egyptian rock art as evidence for early elites’ rite of passage

L’art rupestre du Sahara égyptien, de la vallée du Nil et du désert oriental a maintes fois été interprété, de manière rétrospective, comme étant lié aux représentations pharaoniques par le biais de l’idéologie, la religion et même les composantes des fêtes pharaoniques telles que le Heb Sed (Červíč...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/aaa,
Autor principal: Lankester, Francis David
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Anglais
Publicado em: Afrique : Archéologie et Arts 2016
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Anglais
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liminal desert
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dancing
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Lankester, Francis David
Predynastic Egyptian rock art as evidence for early elites’ rite of passage
description L’art rupestre du Sahara égyptien, de la vallée du Nil et du désert oriental a maintes fois été interprété, de manière rétrospective, comme étant lié aux représentations pharaoniques par le biais de l’idéologie, la religion et même les composantes des fêtes pharaoniques telles que le Heb Sed (Červíček 1992-1993 ; Huyge 2002 ; Darnell 2009). Poursuivant cette réflexion, des auteurs ont également proposé de considérer les origines de la culture d’époque pharaonique comme descendant de celle des pasteurs ayant migré vers la vallée du Nil pour fuir l’environnement de plus en plus aride des régions sahariennes du Gilf Kebir et du Gebel Uweinat (D’Huy & Le Quellec 2009 ; Barta 2010 ; Caldwell 2013). Cette quête d’origines spécifiques semble ignorer les changements et dynamiques se manifestant dans le processus de formation de l’État en Égypte et lors des premières dynasties. Elle revient à faire entrer de force les éléments bien structurés du répertoire pharaonique dans un scénario culturel encore en gestation (Midant-Reynes 2000).Une approche fondée sur l’anthropologie sociale peut fournir un cadre d’étude approprié pour l’interprétation de l’art rupestre égyptien. Les formes de rituels obéissent à des conventions et des obligations telles, qu’elles révèlent les valeurs profondes des acteurs impliqués (Turner 1995). Ces derniers expriment dans le rituel leurs motivations premières, et leur comportement rituel est le reflet des préoccupations du groupe. Les rituels les plus fréquents, et également les plus largement partagés, sont ceux qui s’appliquent aux rites de passage. Ils marquent chaque changement de lieu, d’état, de position sociale et d’âge (Van Gennep 1909). Ce processus est si universel qu’il suggère une logique culturelle unique pour réussir la rencontre de l’homme avec le supernaturel (Garwood 2011). Cependant, en dehors de deux exceptions notables (Tilley 1999 ; Holl 2004), les rites de passage ont rarement été associés à l’interprétation de l’art rupestre et, plus étonnamment, à l’archéologie en général.Dans la perspective d’identifier potentiellement certaines scènes de rites de passage dans l’art rupestre préhistorique égyptien, il faut considérer le rôle crucial de la zone liminale. Dans cette zone, située entre le monde normé de l’ordre social et l’au-delà surnaturel, l’initié s’engage dans un dialogue avec le transcendantal ; il est alors confronté à l’intemporalité, à la sacralisation, et connecté avec la sublimité du cosmos dans un espace dépassant de loin l’échelle humaine. Les règles habituelles sont suspendues dans le domaine sacré et des formes monstrueuses, minimisées et/ou exagérées peuvent être générées. Avant tout, un rite de passage est un rite de passage (Turner 1995). L’acteur peut s’appuyer sur le pouvoir du royaume liminal, effectuant sa transformation en ré-entrant et en se ré-insérant dans un monde de normes sociales. Dans cet article, l’art rupestre de l’Égypte préhistorique – et en particulier du désert oriental – est présenté au travers de ce spectre analytique. Les pétroglyphes peuvent ainsi être replacés dans le processus par lequel les élites égyptiennes étaient légitimées après un voyage « au-delà », revenant en figures transformées et héroïques. Par conséquent, ils peuvent être analysés de manière synchronique ; un certain nombre de leurs caractéristiques – comme les traits exagérés de quelques représentations animales et l’intégration peu réaliste de bateaux dans des scènes de chasse – trouvent explication dans cette lecture.
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Poursuivant cette réflexion, des auteurs ont également proposé de considérer les origines de la culture d’époque pharaonique comme descendant de celle des pasteurs ayant migré vers la vallée du Nil pour fuir l’environnement de plus en plus aride des régions sahariennes du Gilf Kebir et du Gebel Uweinat (D’Huy & Le Quellec 2009 ; Barta 2010 ; Caldwell 2013). Cette quête d’origines spécifiques semble ignorer les changements et dynamiques se manifestant dans le processus de formation de l’État en Égypte et lors des premières dynasties. Elle revient à faire entrer de force les éléments bien structurés du répertoire pharaonique dans un scénario culturel encore en gestation (Midant-Reynes 2000).Une approche fondée sur l’anthropologie sociale peut fournir un cadre d’étude approprié pour l’interprétation de l’art rupestre égyptien. Les formes de rituels obéissent à des conventions et des obligations telles, qu’elles révèlent les valeurs profondes des acteurs impliqués (Turner 1995). Ces derniers expriment dans le rituel leurs motivations premières, et leur comportement rituel est le reflet des préoccupations du groupe. Les rituels les plus fréquents, et également les plus largement partagés, sont ceux qui s’appliquent aux rites de passage. Ils marquent chaque changement de lieu, d’état, de position sociale et d’âge (Van Gennep 1909). Ce processus est si universel qu’il suggère une logique culturelle unique pour réussir la rencontre de l’homme avec le supernaturel (Garwood 2011). Cependant, en dehors de deux exceptions notables (Tilley 1999 ; Holl 2004), les rites de passage ont rarement été associés à l’interprétation de l’art rupestre et, plus étonnamment, à l’archéologie en général.Dans la perspective d’identifier potentiellement certaines scènes de rites de passage dans l’art rupestre préhistorique égyptien, il faut considérer le rôle crucial de la zone liminale. Dans cette zone, située entre le monde normé de l’ordre social et l’au-delà surnaturel, l’initié s’engage dans un dialogue avec le transcendantal ; il est alors confronté à l’intemporalité, à la sacralisation, et connecté avec la sublimité du cosmos dans un espace dépassant de loin l’échelle humaine. Les règles habituelles sont suspendues dans le domaine sacré et des formes monstrueuses, minimisées et/ou exagérées peuvent être générées. Avant tout, un rite de passage est un rite de passage (Turner 1995). L’acteur peut s’appuyer sur le pouvoir du royaume liminal, effectuant sa transformation en ré-entrant et en se ré-insérant dans un monde de normes sociales. Dans cet article, l’art rupestre de l’Égypte préhistorique – et en particulier du désert oriental – est présenté au travers de ce spectre analytique. Les pétroglyphes peuvent ainsi être replacés dans le processus par lequel les élites égyptiennes étaient légitimées après un voyage « au-delà », revenant en figures transformées et héroïques. Par conséquent, ils peuvent être analysés de manière synchronique ; un certain nombre de leurs caractéristiques – comme les traits exagérés de quelques représentations animales et l’intégration peu réaliste de bateaux dans des scènes de chasse – trouvent explication dans cette lecture. People express in ritual what moves them most, and their ritual behaviour reveals what moves the group. Rites of passage accompany almost every change of place, state, social position and age (Van Gennep 1909). In potentially identifying rites of passage in prehistoric Egyptian rock art the role of the liminal zone of the Eastern Desert is crucial. In this area, betwixt and between the normally ordered social world and the supernatural otherworld, the traveller engages with the transcendental, experiencing timelessness, sacralisation and connecting with the sublimity of the cosmos in an area overwhelming the human scale. It constitutes a sacred domain where the usual rules are suspended and monstrous, minimised and/or exaggerated forms can be generated. We can place the petroglyphs in the process by which early Egyptian were legitimised by journeying out there into the desert, returning as transformed and heroic figures. Thus, we can explain exaggerated features in animal depictions and the unrealistic integration of boats into hunting scenes.