Violences en institution

Ces derniers mois, dans la région toulousaine, ont été rendu publics trois situations de violences sexuelles exercées sur des handicapées. Le lecteur de VST pourra lire ici le dossier de presse. Les établissements sont différents ainsi que les associations gestionnaires : une association laïque, un...

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主要作者: Han Kia-Ki, Béatrice
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: 2002
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spelling cairn-VST_074_0048VSTVST - Vie sociale et traitements https://shs.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2002-2-page-48?lang=fr https://doi.org/10.3917/vst.074.0048 Violences en institution Han Kia-Ki, Béatrice2002 fre VST - Vie sociale et traitements | 74 | 2 | 2002-04-01 | p. 48-50 | 0396-8669 VST_07481 Ces derniers mois, dans la région toulousaine, ont été rendu publics trois situations de violences sexuelles exercées sur des handicapées. Le lecteur de VST pourra lire ici le dossier de presse. Les établissements sont différents ainsi que les associations gestionnaires : une association laïque, une association confessionnelle, une association de parents. Les réactions des trois établissements ont eu pourtant d'étranges points communs : – l'essai d'ignorer l'événement (en le traitant avec des semaines ou des mois de retard) ; – de le limiter à une faute personnelle (licenciement sous une autre raison ou éloignement discret du coupable) ; – la tentative de faire taire ceux qui voulaient en faire un problème collectif et public (comment cela a-t-il pu arriver et se répéter ?) ; – la volonté de ne pas prendre en charge les conséquences pour les victimes. Comment ne pas s'étonner ou se scandaliser d'attitudes aussi peu professionnelles et citoyennes. Comment ne pas comparer avec les attitudes d'institutions fermées comme l’Éducation nationale ou L'Église catholique ? Comme le rappelle Joseph Rouzel dans nos colonnes « la violence est ordinaire ». Il faut donc accepter sa réalité, composer avec ses manifestations, sanctionner, réparer, analyser les causes, prévenir enfin le plus possible. Une transgression est possible dans la cohabitation de personnes vulnérables, dans le déni d'une dimension sexuelle dans la vie de tout un chacun, handicapé compris. Les établissements incriminés sont des établissements ordinaires avec des directeurs diplômés, des personnels formés, des structures syndicales ou professionnelles. Présidents, directeurs, psychiatres, responsables ont le devoir et les moyens de faire face à un phénomène ordinaire même s'il est déplaisant car il objecte à la morale et aux déontologies professionnelles. Pourquoi taire l'événement, sanctionner ceux qui témoignent, négliger les victimes, faire du chantage aux parents, isoler le débat sur la scène judiciaire ? Le secteur médico-social serait-il arriéré dans la société française alors qu'il incarne l'avant-garde de la sollicitude et de la solidarité ? Les pouvoirs de tutelle en ont-ils pris la mesure pour y veiller ? (Serge Vallon)Cairn free access
language Français
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description Ces derniers mois, dans la région toulousaine, ont été rendu publics trois situations de violences sexuelles exercées sur des handicapées. Le lecteur de VST pourra lire ici le dossier de presse. Les établissements sont différents ainsi que les associations gestionnaires : une association laïque, une association confessionnelle, une association de parents. Les réactions des trois établissements ont eu pourtant d'étranges points communs : – l'essai d'ignorer l'événement (en le traitant avec des semaines ou des mois de retard) ; – de le limiter à une faute personnelle (licenciement sous une autre raison ou éloignement discret du coupable) ; – la tentative de faire taire ceux qui voulaient en faire un problème collectif et public (comment cela a-t-il pu arriver et se répéter ?) ; – la volonté de ne pas prendre en charge les conséquences pour les victimes. Comment ne pas s'étonner ou se scandaliser d'attitudes aussi peu professionnelles et citoyennes. Comment ne pas comparer avec les attitudes d'institutions fermées comme l’Éducation nationale ou L'Église catholique ? Comme le rappelle Joseph Rouzel dans nos colonnes « la violence est ordinaire ». Il faut donc accepter sa réalité, composer avec ses manifestations, sanctionner, réparer, analyser les causes, prévenir enfin le plus possible. Une transgression est possible dans la cohabitation de personnes vulnérables, dans le déni d'une dimension sexuelle dans la vie de tout un chacun, handicapé compris. Les établissements incriminés sont des établissements ordinaires avec des directeurs diplômés, des personnels formés, des structures syndicales ou professionnelles. Présidents, directeurs, psychiatres, responsables ont le devoir et les moyens de faire face à un phénomène ordinaire même s'il est déplaisant car il objecte à la morale et aux déontologies professionnelles. Pourquoi taire l'événement, sanctionner ceux qui témoignent, négliger les victimes, faire du chantage aux parents, isoler le débat sur la scène judiciaire ? Le secteur médico-social serait-il arriéré dans la société française alors qu'il incarne l'avant-garde de la sollicitude et de la solidarité ? Les pouvoirs de tutelle en ont-ils pris la mesure pour y veiller ? (Serge Vallon)
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