Public, commun et privé dans la spatialité japonaise vus de l’ère Shôwa (1926-1989)

Le sinogramme 公, qui aujourd’hui signifie « public » en Chine comme au Japon, se compose de deux éléments : ム et 八. Le premier élément est la forme initiale du sinogramme signifiant « privé » : 私. Il signifiait à l’origine : cacher en entourant de trois côtés. Le second élément signifiait au contrai...

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Bibliografske podrobnosti
Glavni avtor: Berque, Augustin
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2019
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spelling cairn-VISIT_024_0062VISITLe Visiteur https://shs.cairn.info/revue-le-visiteur-2019-1-page-67?lang=fr https://doi.org/10.3917/visit.024.0062 Public, commun et privé dans la spatialité japonaise vus de l’ère Shôwa (1926-1989) Berque, Augustin2019 fre Le Visiteur | 24 | 1 | 2019-03-01 | p. 67-77 | 1265-7034 VISIT_02417 Le sinogramme 公, qui aujourd’hui signifie « public » en Chine comme au Japon, se compose de deux éléments : ム et 八. Le premier élément est la forme initiale du sinogramme signifiant « privé » : 私. Il signifiait à l’origine : cacher en entourant de trois côtés. Le second élément signifiait au contraire : ouvrir à droite et à gauche. Dans la prononciation dérivée du chinois gong, 公 se prononce kô, mais ooyake dans sa prononciation proprement japonaise, ce qui étymologiquement signifiait « lieu ( ke) de la grande ( oo) maison ( ya) », c’est-à-dire celle du souverain. Ce terme a donc une origine inverse de celle de notre « public », mot qui vient du latin populus, peuple. Dans la tradition japonaise, le peuple relève au contraire du watakushi 私, le privé ; et dans le régime féodal, qui a régné sur l’archipel de la fin de l’État antique ( xiie siècle) jusqu’à la restauration meijienne (1868), ooyake désignait la chose du suzerain, watakushi celle du vassal. Rien à voir avec l’idée de res publica. C’est dire qu’introduire la notion occidentale de « public » n’a pas été une mince affaire.Cairn restricted access
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description Le sinogramme 公, qui aujourd’hui signifie « public » en Chine comme au Japon, se compose de deux éléments : ム et 八. Le premier élément est la forme initiale du sinogramme signifiant « privé » : 私. Il signifiait à l’origine : cacher en entourant de trois côtés. Le second élément signifiait au contraire : ouvrir à droite et à gauche. Dans la prononciation dérivée du chinois gong, 公 se prononce kô, mais ooyake dans sa prononciation proprement japonaise, ce qui étymologiquement signifiait « lieu ( ke) de la grande ( oo) maison ( ya) », c’est-à-dire celle du souverain. Ce terme a donc une origine inverse de celle de notre « public », mot qui vient du latin populus, peuple. Dans la tradition japonaise, le peuple relève au contraire du watakushi 私, le privé ; et dans le régime féodal, qui a régné sur l’archipel de la fin de l’État antique ( xiie siècle) jusqu’à la restauration meijienne (1868), ooyake désignait la chose du suzerain, watakushi celle du vassal. Rien à voir avec l’idée de res publica. C’est dire qu’introduire la notion occidentale de « public » n’a pas été une mince affaire.
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