La langue des Khmers rouges : une opération sans reste

En conclusion de son livre L’apprenti-historien et le maître-sorcier Piera Aulagnier propose une analyse parallèle de l’instance et des modalités de refoulement dans la psychose et dans le discours totalitaire tel que l’œuvre d’Orwell permet d’en saisir le fonctionnement. L’éclairage qu’elle porte...

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Главный автор: Filloux, Janine
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: 2006
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Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-TOP_096_0147TOPTopique https://shs.cairn.info/revue-topique-2006-3-page-147?lang=fr https://doi.org/10.3917/top.096.0147 La langue des Khmers rouges : une opération sans reste Filloux, Janine2006 DestructionFalsificationIninscritNovlangueRépudiationDestructionFalsificationNewspeakRepudiationUninscribedfre Topique | 96 | 3 | 2006-09-01 | p. 147-157 | 0040-9375 TOP_09661 En conclusion de son livre L’apprenti-historien et le maître-sorcier Piera Aulagnier propose une analyse parallèle de l’instance et des modalités de refoulement dans la psychose et dans le discours totalitaire tel que l’œuvre d’Orwell permet d’en saisir le fonctionnement. L’éclairage qu’elle porte sur le modèle métapsychologique qui sous-tend le discours orwellien – tout particulièrement dans 1984 – montre la visée de destruction mise en œuvre par la langue idéologique en tant que création d’une langue irreprésentable, sans sujet, par laquelle s’accomplit l’abolition du passé et de la réalité. C’est cette entreprise même de «destruction des souches d’une race» (Kar Pralay Pouch sas) que les dialogues transcrits du film du cinéaste cambodgien Rithy Panh, la machine de mort khmère rouge, permettent d’approcher au mort et au vif entrelacés des échanges entre victimes et tortionnaires du régime totalitaire que l’arrivée au pouvoir des révolutionnaires khmers rouges a instauré de 1975 à 1979 au Cambodge, rebaptisé alors Kampuchea démocratique.The Language of the Khmer Rouge – an Operation with no Remainder In the conclusion of her work the Apprentice Historian and the Master-Sorcerer, Piera Aulagnier presents a two-fold analysis of the instance and functioning of repression in psychosis and in totalitarian discourse as exemplified in the works of George Orwell. She sheds light on the meta-psychological model underlying Orwell’s discourse and shows how in 1984 ideological language wreaks destruction, creating a language that is unrepresentable, devoid of a subject and which abolishes both the past and reality. It is this process ‘destroying the very roots of a race’(Kar Pralay Pouch) that the dialogues of Cambodian film director Rithy Panh convey in his film The Khmer Rouge Killing Machine. The film bears witness to the exchanges between the few surviving victims and their jailers, part of the totalitarian regime set up by the Khmer revolutionaries from 1975 to 1979 in Cambodia that they renamed Democratic Kampuchea.Cairn free access
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