L’auto-gynécologie : écoféminisme et intersectionnalité

Nous proposons une étude monographique d’un réseau de praticiennes d’auto-gynécologie en région parisienne, composé de personnes âgées de 20 à 40 ans qui appartiennent à une nouvelle génération que l’on pourrait qualifier de féministe intersectionnelle. L’enjeu ici est de montrer comment des féminis...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:Travail, genre et sociétés | 42 | 2 | 2019-10-16 | p. 109-126 | 1294-6303
Autor principal: Koechlin, Aurore
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2019
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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description Nous proposons une étude monographique d’un réseau de praticiennes d’auto-gynécologie en région parisienne, composé de personnes âgées de 20 à 40 ans qui appartiennent à une nouvelle génération que l’on pourrait qualifier de féministe intersectionnelle. L’enjeu ici est de montrer comment des féministes intersectionnelles peuvent s’approprier les paradigmes écoféministes, tant dans le discours que les pratiques. Pour cette nouvelle génération, la pratique de l’auto-gynécologie n’est en fait pas aisée à revendiquer : centrée sur les organes génitaux féminins, elle peut donner à penser que « la femme » se définit en référence à l’anatomie et être accusée d’essentialisme par les féministes intersectionnelles qui ont précisément voulu pousser plus loin que dans les années 1970 l’entreprise de déconstruction du genre. Le cas de ce réseau d’auto-gynécologie qui parvient à articuler cette pratique avec un positionnement intersectionnel montre comment l’écoféminisme peut intégrer une forme de syncrétisme théorique et pratique, mêlant une relecture des mobilisations féministes pour la contraception et pour l’avortement, les apports de la théorie queer et du black feminism, une certaine vision de l’écologie et parfois un engagement anticapitaliste.
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Pour cette nouvelle génération, la pratique de l’auto-gynécologie n’est en fait pas aisée à revendiquer : centrée sur les organes génitaux féminins, elle peut donner à penser que « la femme » se définit en référence à l’anatomie et être accusée d’essentialisme par les féministes intersectionnelles qui ont précisément voulu pousser plus loin que dans les années 1970 l’entreprise de déconstruction du genre. Le cas de ce réseau d’auto-gynécologie qui parvient à articuler cette pratique avec un positionnement intersectionnel montre comment l’écoféminisme peut intégrer une forme de syncrétisme théorique et pratique, mêlant une relecture des mobilisations féministes pour la contraception et pour l’avortement, les apports de la théorie queer et du black feminism, une certaine vision de l’écologie et parfois un engagement anticapitaliste.Self-Gynecology: Ecofeminism and IntersectionalityWe present a monographic study of a network of practitioners of self-gynecology in the Paris area, counting women aged 20 to 40 who belong to a new generation which could be described as intersectional feminist. What is at stake here is showing how intersectional feminists can make ecofeminist paradigms their own through speeches as well as practice. For this new generation, the practice of self-gynecology is actually difficult to claim: centered on female genital organs, it can induce that “the woman” defines herself in reference to anatomy and is therefore accused of essentialism by intersectional feminists who have wished to go beyond gender deconstruction of the 1970s. The case of this self-gynecology network, which manages to articulate this practice with an intersectional positioning, shows how ecofeminism can integrate theoretical and practical syncretisms. It mixes a revamping of feminist action to defend contraception and abortion, the contributions of the queer theory and of Black feminism, a certain vision of ecology, and sometimes an anti-capitalist engagement.Proponemos un estudio monográfico de una red de practicantes de auto ginecologia de la región de París, con personas de 20 a 40 anos que pertenecen a una nueva generación que podríamos llamar feminista interseccional. Lo que aquí esta en juego es mostrar como feministas interseccionales pueden apoderarse de los paradigmas eco feministas, tanto en los discursos como en las practicas. Para esta nueva generación, la practica de la auto-ginecologia de hecho nos se puede reivindicar fácilmente : centrada en los órganos genitales femeninos, puede pretender que la « mujer » se define en referencia a la anatomía y ser acusada de esencialismo por las feministas interseccionales que han querido precisamente empujar mas allá que en los años 1970 la empresa de construcción del género. El caso de esta red de auto-ginecologia que permite articular esta pràctica con un posicionamiento interseccional muestra como el eco feminismo, puede integrar una forma de sincretismo teórico y pràctico, mezclando una re lectura de las movilizaciones feministas a favor de los anticonceptivos y el aborto, las aportaciones de la teoría queer y del black feminism, determinada visión de la ecología y a veces un compromiso anticapitalistaDer vorliegende Artikel stellt eine monographischen Studie eines Pariser Netzwerkes von praktizierenden Auto-Gynäkologinnen vor, deren Mitglieder zwischen 20 und 40 Jahre alt sind und einer neuen Generation von intersektionellen Feministinnen angehören. Unser Ziel ist es hier zu zeigen wie diese intersektionellen Feministinnen sich die öko-feministischen Paradigmen in Diskurs und Praxis aneignen. Für diese neue Generation ist die Inanspruchnahme der auto-gynäkologischen Praxis nicht einfach da sie auf die weiblichen Geschlechtsorgane konzentriert ist und somit leicht von den intersektionellen Feministinnen der 70iger Jahre, welche über die Dekonstruktion des Geschlechtes hinausgehen wollten, als essentialistisch betrachtet werden können. Der Fall dieses auto-gynäkologischen Netzwerkes welches darauf abzielt diese Praxis mit einem intersektionellen Standpunkt in Einklang zu bringen, zeigt wie der Ökofeminismus eine Form von theoretischem und praktischem Synkretismus umsetzt welcher sowohl auf einer Neuinterpretation der feministischen Auffassung von Empfängnisverhütung und Abtreibung beruht, als auch Elemente der Queer Theorie und des black Feminism einbezieht, die eine bestimmte Vision von Ökologie und Antikapitalismus nicht ausschließen.Proponemos un estudio monográfico de una red de practicantes de auto ginecologia de la región de París, con personas de 20 a 40 anos que pertenecen a una nueva generación que podríamos llamar feminista interseccional. Lo que aquí esta en juego es mostrar como feministas interseccionales pueden apoderarse de los paradigmas eco feministas, tanto en los discursos como en las practicas. Para esta nueva generación, la practica de la auto-ginecologia de hecho nos se puede reivindicar fácilmente : centrada en los órganos genitales femeninos, puede pretender que la « mujer » se define en referencia a la anatomía y ser acusada de esencialismo por las feministas interseccionales que han querido precisamente empujar mas allá que en los años 1970 la empresa de construcción del género. El caso de esta red de auto-ginecologia que permite articular esta pràctica con un posicionamiento interseccional muestra como el eco feminismo, puede integrar una forma de sincretismo teórico y pràctico, mezclando una re lectura de las movilizaciones feministas a favor de los anticonceptivos y el aborto, las aportaciones de la teoría queer y del black feminism, determinada visión de la ecología y a veces un compromiso anticapitalistaCairn free access