François Ribac, (Iconographie, Giulia Conte), Les Stars du Rock au cinéma
RésuméDans un contexte de crise littéraire, le monument à Balzac de Rodin (1891-1898) représentait un enjeu non négligeable pour les écrivains. La figure de Balzac, quelque peu oubliée après sa mort en 1850, était remise sur le devant de la scène en cette fin de siècle et commençait à jouer un rôle...
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2012
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RésuméDans un contexte de crise littéraire, le monument à Balzac de Rodin (1891-1898) représentait un enjeu non négligeable pour les écrivains. La figure de Balzac, quelque peu oubliée après sa mort en 1850, était remise sur le devant de la scène en cette fin de siècle et commençait à jouer un rôle actif dans les stratégies des jeunes écrivains. De fait, le moindre changement d’orientation de l’œuvre avait un impact considérable dans le champ littéraire. En effet, Balzac ne pouvait être revendiqué de la même manière par les écrivains selon que le sculpteur recherche la vérité matérielle de l’homme ou décide de recréer l’écrivain dans son imaginaire. Si, dans un premier temps, le programme naturaliste et respectueux des délais suivi par Rodin semblait annoncer un Balzac matériel et « rugueux »1 conforme aux conceptions de Zola, le sculpteur décevra les attentes de l’écrivain en s’engageant par la suite dans une création poétique émancipée du réel et du marché inspirée de celle de La Porte de l’Enfer. Celle-ci sera aussitôt revendiquée par la bohème et les écrivains symbolistes qui se déclareront poètes de concert avec le sculpteur auprès d’un lectorat de masse. Finalement, ces enjeux littéraires accompagnant – et parfois submergeant – la création du Balzac seront en grande partie responsables de la mauvaise réception de la statue auprès du public. Entre l’impatience de Zola pressé d’inaugurer et la croyance illimitée des poètes dans la création inspirée du sculpteur poète, les critiques naturalistes et symbolistes, trop occupés à défendre leurs intérêts dans cette guerre de chapelles littéraires, détourneront bien souvent la tête au moment de décrire et d’analyser la statue. Ils n’assureront pas la fonction élémentaire de la critique d’art, celle d’expliquer l’œuvre d’art au lecteur, alors même que celui-ci, jusque-là indécis, semblait peu à peu séduit par la progression du sculpteur et prêt à accepter, lors du Salon de 1898, la modernité en sculpture après l’avoir acceptée en peinture avec les impressionnistes. |
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Dutheil-Pessin, Catherine |
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cairn-SOART_019_0149SOARTSociologie de l'Art https://shs.cairn.info/revue-sociologie-de-l-art-2012-1-page-149?lang=fr https://doi.org/10.3917/soart.019.0149 François Ribac, (Iconographie, Giulia Conte), Les Stars du Rock au cinéma Dutheil-Pessin, Catherine2012 fre Sociologie de l'Art | OPuS 19 | 1 | 2012-02-01 | p. 149-151 | 0779-1674 SOART_01930 RésuméDans un contexte de crise littéraire, le monument à Balzac de Rodin (1891-1898) représentait un enjeu non négligeable pour les écrivains. La figure de Balzac, quelque peu oubliée après sa mort en 1850, était remise sur le devant de la scène en cette fin de siècle et commençait à jouer un rôle actif dans les stratégies des jeunes écrivains. De fait, le moindre changement d’orientation de l’œuvre avait un impact considérable dans le champ littéraire. En effet, Balzac ne pouvait être revendiqué de la même manière par les écrivains selon que le sculpteur recherche la vérité matérielle de l’homme ou décide de recréer l’écrivain dans son imaginaire. Si, dans un premier temps, le programme naturaliste et respectueux des délais suivi par Rodin semblait annoncer un Balzac matériel et « rugueux »1 conforme aux conceptions de Zola, le sculpteur décevra les attentes de l’écrivain en s’engageant par la suite dans une création poétique émancipée du réel et du marché inspirée de celle de La Porte de l’Enfer. Celle-ci sera aussitôt revendiquée par la bohème et les écrivains symbolistes qui se déclareront poètes de concert avec le sculpteur auprès d’un lectorat de masse. Finalement, ces enjeux littéraires accompagnant – et parfois submergeant – la création du Balzac seront en grande partie responsables de la mauvaise réception de la statue auprès du public. Entre l’impatience de Zola pressé d’inaugurer et la croyance illimitée des poètes dans la création inspirée du sculpteur poète, les critiques naturalistes et symbolistes, trop occupés à défendre leurs intérêts dans cette guerre de chapelles littéraires, détourneront bien souvent la tête au moment de décrire et d’analyser la statue. Ils n’assureront pas la fonction élémentaire de la critique d’art, celle d’expliquer l’œuvre d’art au lecteur, alors même que celui-ci, jusque-là indécis, semblait peu à peu séduit par la progression du sculpteur et prêt à accepter, lors du Salon de 1898, la modernité en sculpture après l’avoir acceptée en peinture avec les impressionnistes.Rodin’s statue of Balzac. The scissor and the penIn a context of literary crisis, the monument dedicated to Balzac by Rodin (1891-1898) represented high stakes to the writers. Balzac’s figure, somewhat forgotten after his death in 1850, reappeared in the limelight toward the end of this century and began to play an active part in the strategies of young writers. In fact, the slightest change of orientation of the work had a considerable influence in the literary field. In fact, Balzac could not be properly claimed by writers, depending on the sculptor is in search of the material truth of the man or decides to recreate the writer in his imagination. If, first, the naturalistic program, respectful of the time limits followed by Rodin seemed to announce Balzac as a material and “coarse”2 man true to Zola’s concepts, the sculptor will disappoint the writer’s expectations when later he entered into poetical creation liberated from reality and order inspired by that of the Gate of Hell. This one will soon be claimed by the artistic and literary circles careless of the morrow and the Symbolists who will say they are poets in conjunction with the sculptor from the mass electorate. Finally these literary stakes going with and sometimes over-whelming Balzac’s creation will largely be responsible for the bad welcome from the public. Between the impatience of Zola eager to inaugurate and the unlimited beliefs of the poets in the creation inspired from the sculptor poet, the naturalistic and symbolist critics too busy defending their interests in this war of literary cliques will often turn their heads away when they are on the point of describing and analyzing the statue. They will not be good at the elementary function of art critic that is to explain the work of art to the reader even if this one, undecided up to now, seemed gradually appealed to the progress of the sculptor and ready to accept modernity in sculpture at the exhibition of 1898 after accepting it in painting with the impressionists.El Balzac de Rodin. Las tijeras y la plumaEn un contexto de crisis literaria, el monumento en honor de Balzac de Rodin (1891-1898) representaba una apuesta que no se podía ignorar para los escritores. La figura de Balzac, algo olvidada tras su muerte en 1850, volvía a estar en primer piano a finales del siglo y empezaba a desempeñar un papel activo en las estrategias de los jóvenes escritores. De hecho, el menor cambio de orientación de la obra tenía un impacto considerable en el campo literario. En efecto, Balzac no podía ser reivindicado del mismo modo por los escritores según que el escultor buscaba la verdad material del hombre o decidía crear de nuevo al escritor en su imaginario. Si, en un primer tiempo, el programa naturalista y respetuoso de los plazos seguido por Rodin parecía anunciar un Balzac material y « rugoso »3 conforme con las concepciones de Zola, el escultor defraudará las expectativas del escritor, comprometiéndose después en una creación poética, emancipada de lo real y del mercado, inspirada por la de La Puerto del Infierno. Ésta, la reivindicarán inmediatamente la bohemia y los escritores simbolistas que se proclamarán poetas de común acuerdo con el escultor ante un lectorado de masa. Finalmente, esas apuestas literarias que acompañaban – y a veces sumergían – la creación del Balzac serán en gran parte responsables de la mala recepción de la estatua por el público. Entre la impaciencia de Zola, que anhelaba la inauguración, y la creencia ilimitada de los poetas en la creación inspirada por el escultor poeta, los críticas naturalistas y simbolistas, demasiado ocupados en defender sus intereses en esa guerra de camarillas literarias, abandonarán muy a menudo el proyecto en el momento de describir y analizar la estatua. No asegurarán la función elementaria de critica de arte, la que explica la obra de arte al lector, aunque éste, indeciso hasta ese momento, parecía poquito a poco seducido por la progresión del escultor y dispuesto a aceptar, en el Salón de 1898, la modernidad en la escultura, tras aceptarla en la pintura con los impresionistas.Cairn free access |