Étienne Balibar et la question du racisme dans Race, nation, classe

Le présent article cherche à mettre en relief la position philosophique d’Étienne Balibar sur la question du racisme à partir de Race, nation, classe et s’interroge sur l’actualité de ces analyses. Partant du constat de l’expansion du racisme dans le monde contemporain, ce philosophe ne craint pa...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Gaignard, Olivier
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2018
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Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-SC_024_0131SCSavoirs et clinique https://shs.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2018-1-page-131?lang=fr https://doi.org/10.3917/sc.024.0131 Étienne Balibar et la question du racisme dans Race, nation, classe Gaignard, Olivier2018 lutte des classesnationalismeNéo-racismeuniversalismeclass strugglenationalismNeo-racismuniversalismfre Savoirs et clinique | 24 | 1 | 2018-09-27 | p. 131-140 | 1634-3298 SC_02419 Le présent article cherche à mettre en relief la position philosophique d’Étienne Balibar sur la question du racisme à partir de Race, nation, classe et s’interroge sur l’actualité de ces analyses. Partant du constat de l’expansion du racisme dans le monde contemporain, ce philosophe ne craint pas d’affirmer que le racisme est un universalisme. É. Balibar récuse toute approche essentialiste et tente de saisir le racisme comme une réalité historique multi-dimensionnelle dont les formes s’actualisent à partir de la mémoire des racismes antérieurs. Il spécifie le racisme de notre époque comme un racisme différentialiste qui, naissant après la colonisation, substitue la « culture » aux « races » biologiques et à leur hiérarchisation. La compréhension de l’expansion du racisme dans le monde contemporain passe par l’analyse de l’articulation du racisme au nationalisme et à la lutte des classes. Considérant le racisme comme supplément intérieur et excessif du nationalisme, il soutient que l’agression raciste est une violence autorisée par les institutions de l’État national. Établi sur la différence entre les nationaux et les étrangers, l’État moderne est universaliste en théorie et raciste en pratique. L’articulation du racisme à la lutte des classes s’appuie sur l’idée selon laquelle la race est l’autre nom de la classe. Quand la prolétarisation plonge les individus dans l’indifférenciation sociale, la crise raciste se déclenche. Enfin, si le racisme est un universalisme, c’est précisément parce qu’il construit au sein du genre humain la différence entre l’homme et l’animal, entre le surhumain et le sous-humain.This essay means to highlight Balibar’s philosophical approach of the issue of racism in Race, Nation, Class and to question its current relevance. Considering the contemporary extension of racism in the world, Balibar contends that racism is universal. He denies any essentialist definition and he attempts to grasp the multidimensional nature of racism fostered by the memory of former racism. He qualifies current racism as differential. Born after colonialism, it replaces hierarchical biological races by the notion of culture. In order to understand the extension of racism, it is necessary to grasp its relations with nationalism and with class struggle. According to Balibar, racism offers an interior and excessive supplement to nationalism and he claims that racist violence is fostered by the institutions of all National States. Founded on the difference between natives and foreigners, Modern States are theoretically Universalist but they are in fact racist. He justifies the link between racism and class struggle by the simple fact that race is but another term for class. Whenever individuals are plunged into social indifference by proletarianization, it triggers a racist crisis. Finally, if racism is universal, it is because it introduces, within the human species, differences between man and animal, and between superhuman and subhuman.Cairn free access
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