La contemplation des philosophes selon Thomas d'Aquin

Après avoir vérifié l’existence d’une « contemplation des philosophes » dans l’œuvre de Thomas, l’article se propose d’en étudier la nature et de la comparer avec celle de la « contemplation des saints », ici-bas et dans la patrie. La notion de contemplation est analysée comme acte de l’intellect sp...

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Auteur principal: Oliva, Adriano
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2013
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id cairn-RSPT_964_0585
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spelling cairn-RSPT_964_0585RSPTRevue des sciences philosophiques et théologiques https://shs.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2012-4-page-585?lang=fr https://doi.org/10.3917/rspt.964.0585 La contemplation des philosophes selon Thomas d'Aquin Oliva, Adriano2013 amitié entre le sage païen et Dieuamour de soi dans la contemplationamour naturel de Dieu plus que soi-mêmecontemplation des philosophescontemplation des saintscontemplation of the philosopherscontemplation of the saintfriendship between the wise pagan and Godlove of oneself in contemplationnatural love of God more than of oneselffre Revue des sciences philosophiques et théologiques | 96 | 4 | 2013-03-01 | p. 585-662 | 0035-2209 RSPT_96460 Après avoir vérifié l’existence d’une « contemplation des philosophes » dans l’œuvre de Thomas, l’article se propose d’en étudier la nature et de la comparer avec celle de la « contemplation des saints », ici-bas et dans la patrie. La notion de contemplation est analysée comme acte de l’intellect spéculatif en tant qu’il est choisi au préalable par la volonté : il s’agit de la contemplation qui « devient une affaire de vie » ( contemplatio accipit rationem uite), pour le chrétien comme pour « le païen et l’infidèle ». Le rôle de l’amour dans la contemplation est structurellement identique chez les philosophes et chez les saints, bien que dans le premier cas il s’agisse d’un amour naturel et dans le second d’un amour surnaturel, la charité. L’étude attentive conduite sur les textes manifeste que, selon Thomas, l’homme, pour aimer Dieu plus que soi-même et par-dessus tout, n’a pas un besoin absolu de la grâce sanctifiante, qui est nécessaire seulement pour lui faciliter l’exercice de cette capacité naturelle (Ia-IIae, q. 109, a. 3). En revanche, l’amitié entre le sage païen et Dieu ne peut se réaliser que par le don de la grâce sanctifiante. La contemplation des philosophes sert à Thomas pour expliquer l’articulation entre la philosophie et la théologie, et la notion du désir naturel de voir l’essence divine joue un rôle capital dans l’élucidation de cette articulation : l’article analyse de manière détaillée les textes de Thomas sur ce sujet, sans négliger la littérature ancienne et récente.The Contemplation of the Philosophers according to Thomas AquinasAfter verifying the existence of a “contemplation of the philosophers” in the work of Thomas, the article proposes to study it and compare it to the “contemplation of the saints”, in this life and in patria. The notion of contemplation is analyzed as an act of the speculative intellect as chosen beforehand by the will. Such contemplation “becomes a matter of life” ( contemplatio accipit rationem uite), for the Christian as well as for “the pagan and the infidel”. For philosophers and saints alike, the role of love in contemplation is structurally identical, though for the former it is a matter of natural love, whereas for the latter it is a matter of supernatural love, charity. Attentive study of the texts shows that, according to Thomas, to love God more than oneself and above all else, man does not have an absolute need for sanctifying grace, which is necessary only for facilitating the exercise of this natural capacity (Ia-IIae, q. 109, a. 3). On the other hand, friendship between the wise pagan and God can only be realized by the gift of sanctifying grace. Thomas makes use of the philosophers’ contemplation to explain the relation between philosophy and theology. In the elucidation of this relation, the notion of natural desire for seeing the divine essence plays a crucial role. The article engages in a detailed analysis of Thomas’ texts on the subject, without neglecting classical and recent literature.Cairn free access
language Français
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description Après avoir vérifié l’existence d’une « contemplation des philosophes » dans l’œuvre de Thomas, l’article se propose d’en étudier la nature et de la comparer avec celle de la « contemplation des saints », ici-bas et dans la patrie. La notion de contemplation est analysée comme acte de l’intellect spéculatif en tant qu’il est choisi au préalable par la volonté : il s’agit de la contemplation qui « devient une affaire de vie » ( contemplatio accipit rationem uite), pour le chrétien comme pour « le païen et l’infidèle ». Le rôle de l’amour dans la contemplation est structurellement identique chez les philosophes et chez les saints, bien que dans le premier cas il s’agisse d’un amour naturel et dans le second d’un amour surnaturel, la charité. L’étude attentive conduite sur les textes manifeste que, selon Thomas, l’homme, pour aimer Dieu plus que soi-même et par-dessus tout, n’a pas un besoin absolu de la grâce sanctifiante, qui est nécessaire seulement pour lui faciliter l’exercice de cette capacité naturelle (Ia-IIae, q. 109, a. 3). En revanche, l’amitié entre le sage païen et Dieu ne peut se réaliser que par le don de la grâce sanctifiante. La contemplation des philosophes sert à Thomas pour expliquer l’articulation entre la philosophie et la théologie, et la notion du désir naturel de voir l’essence divine joue un rôle capital dans l’élucidation de cette articulation : l’article analyse de manière détaillée les textes de Thomas sur ce sujet, sans négliger la littérature ancienne et récente.
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