Voir le monde par les affects : Bernard de Clairvaux et la voie monastique

Résumé « Chercher » et « regarder au-delà », telles pourraient être deux typiques majeures de l’être-au-monde-monastique, si l’on convient qu’il y a bien une « théologie monastique », c’est-à-dire une théologie spécifique, qui cherche moins la nouveauté que la transmission des auctoritates de...

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প্রধান লেখক: Leclercq, Jean
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: 2011
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spelling cairn-RSPT_952_0323RSPTRevue des sciences philosophiques et théologiques https://shs.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2011-2-page-323?lang=fr https://doi.org/10.3917/rspt.952.0323 Voir le monde par les affects : Bernard de Clairvaux et la voie monastique Leclercq, Jean2011 affectivitéBernard de ClairvauxcorporéitéhumilitéIncarnationthéologie monastiqueaffectivityBernard of ClairvauxcorporeityhumilityIncarnationmonastic theologyfre Revue des sciences philosophiques et théologiques | 95 | 2 | 2011-08-01 | p. 323-341 | 0035-2209 RSPT_9521 Résumé « Chercher » et « regarder au-delà », telles pourraient être deux typiques majeures de l’être-au-monde-monastique, si l’on convient qu’il y a bien une « théologie monastique », c’est-à-dire une théologie spécifique, qui cherche moins la nouveauté que la transmission des auctoritates de la Tradition. Or si cette théologie est livrée et n’est donc pas une innovatio, c’est qu’elle est aussi symbolique, si bien que toute réalité, historique ou naturelle, apparaît comme porteuse d’un au-delà proprement signifiant. D’où la prégnance des thèmes historiques et existentiels de l’absence, du manque, du désir, de la trace comme vestige qui sont autant de manières de faire valoir que si le contact avec la lettre ressortit à un langage amoureux, la reliance avec l’esprit s’apparente au mouvement de retour vers le principe originaire et essentiel, ce désir de ce qui paradoxalement ne nous manque plus, mais qui ne cesse malgré tout de se donner. D’où l’importance accordée à l’eschatologie et à la grammaire et au fait que, pour Bernard de Clairvaux, avant d’être ontologiquement consistantes, les choses sont référentes. C’est à ce niveau qu’il convient de saisir les efforts de cette discursivité non démonstrative, mais plutôt monstrative et affective, puisque seules la conversion et l’expérience seront les portes d’entrée d’un nouvel « être-au-monde » qui se vivra nécessairement dans le cloître, lieu de la reconfiguration ou de la réformation. Seeing the world through the affects : Bernard of Clairvaux and the monastic path « To seek » and « to see beyond » : these could be the two major axes of monastic life, if it is agreed upon that there is indeed a « monastic theology », in other words a specific theology that seeks novelty less than it seeks to transmit the « auctoritates » of Tradition. However, if this theology is transmitted and is therefore not an innovation, it is because it is also symbolic, so much so that reality, historical or natural, appears charged with a truly significant beyond. Hence, the relevance of such historical and existential themes as absence, lack, desire and trace as vestige, go to show that attachment to the letter conjures romantic language, whereas connection to the spirit participates in a return to an originating and essential principle, a desire for what paradoxically is no longer lacking but which never ceases to give itself. Thus the importance granted to eschatology and grammar and to the fact that for Bernard of Clairvaux things are referential before being ontologically coherent. It is at this level that one may appreciate the monstrative, rather than demonstrative, and affective discursivity since only conversion and experience shall open one to this relation-to-the-world which shall be experienced necessarily in the cloister, space of reconfiguration and reformation. Cairn free access
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