Voir le monde par les affects : Bernard de Clairvaux et la voie monastique

Résumé « Chercher » et « regarder au-delà », telles pourraient être deux typiques majeures de l’être-au-monde-monastique, si l’on convient qu’il y a bien une « théologie monastique », c’est-à-dire une théologie spécifique, qui cherche moins la nouveauté que la transmission des auctoritates de...

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書誌詳細
第一著者: Leclercq, Jean
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: 2011
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要約:Résumé « Chercher » et « regarder au-delà », telles pourraient être deux typiques majeures de l’être-au-monde-monastique, si l’on convient qu’il y a bien une « théologie monastique », c’est-à-dire une théologie spécifique, qui cherche moins la nouveauté que la transmission des auctoritates de la Tradition. Or si cette théologie est livrée et n’est donc pas une innovatio, c’est qu’elle est aussi symbolique, si bien que toute réalité, historique ou naturelle, apparaît comme porteuse d’un au-delà proprement signifiant. D’où la prégnance des thèmes historiques et existentiels de l’absence, du manque, du désir, de la trace comme vestige qui sont autant de manières de faire valoir que si le contact avec la lettre ressortit à un langage amoureux, la reliance avec l’esprit s’apparente au mouvement de retour vers le principe originaire et essentiel, ce désir de ce qui paradoxalement ne nous manque plus, mais qui ne cesse malgré tout de se donner. D’où l’importance accordée à l’eschatologie et à la grammaire et au fait que, pour Bernard de Clairvaux, avant d’être ontologiquement consistantes, les choses sont référentes. C’est à ce niveau qu’il convient de saisir les efforts de cette discursivité non démonstrative, mais plutôt monstrative et affective, puisque seules la conversion et l’expérience seront les portes d’entrée d’un nouvel « être-au-monde » qui se vivra nécessairement dans le cloître, lieu de la reconfiguration ou de la réformation.