Aux origines de la polémique anticopernicienne (II)

RésuméDans le second volet de cette étude consacrée aux origines de la polémique anticopernicienne, on étudie les premières réactions vis-à-vis de l’héliocentrisme dans le monde protestant. Martin Luther a-t-il véritablement dénoncé l’absurdité de la doctrine héliocentrique dans un célèbre Propos de...

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Autore principale: Lerner, Michel-Pierre
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2006
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:RésuméDans le second volet de cette étude consacrée aux origines de la polémique anticopernicienne, on étudie les premières réactions vis-à-vis de l’héliocentrisme dans le monde protestant. Martin Luther a-t-il véritablement dénoncé l’absurdité de la doctrine héliocentrique dans un célèbre Propos de table de 1539 ? Sans exclure absolument que Copernic ait pu être la cible de Luther, on avance une hypothèse non dénuée de probabilité sur l’identité de l’auteur que ce dernier aurait pu tout aussi bien critiquer. On évoque ensuite les idées d’Andreas Osiander : considérant que l’hypothèse de Copernic ne saurait décrire la structure réelle du monde, Osiander a placé en tête du De revolutionibus un avertissement anonyme dans lequel il défend une lecture « instrumentaliste » de la doctrine héliocentrique. S’il a sans doute ce faisant protégé l’œuvre de Copernic contre les attaques de certains théologiens, il a aussi fourni aux tenants de la tradition un argument contre les adeptes de l’héliocentrisme. On aborde en troisième lieu la réaction de Philip Melanchthon, qui critique dans les Initia doctrinae physicae l’héliocentrisme en tant que doctrine cosmologique fausse. Mais Melanchthon ne rejette pas Copernic en bloc. Ses préoccupations eschatologiques le conduisent à tenir pour réelle la (prétendue) diminution de l’excentricité solaire postulée par l’auteur du De revolutionibus, l’interprétant comme un des « signes » envoyés par Dieu aux hommes pour les avertir de la fin proche des temps. On trouve ainsi dans les Initia un éloge appuyé des observations et de la partie mathématique de la nouvelle astronomie mise au service de la foi réformée. Cela explique que Melanchthon ait fortement encouragé les études coperniciennes, notamment en soutenant la publication des Tables pruténiques d’Érasme Reinhold. En conclusion, on dresse une comparaison rapide des conséquences pratiques qu’a entraînées, jusque dans les années 20 du xviie siècle, l’anticopernicianisme d’inspiration biblique pour les philosophes et les astronomes exerçant en milieu protestant et dans le monde catholique romain.