Le corps : un poids pour l’âme ?

La citation récurrente de Sg 9, 15 : « Le corps qui se corrompt appesantit l’âme et sa demeure de terre accable l’esprit aux multiples pensées », dans le corpus augustinien, semble être l’indice d’un mépris du corps, hérité de la tradition platonicienne du corps-prison. De fait, dans ses premières œ...

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Auteur principal: Bochet, Isabelle
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
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spelling cairn-RSPT_1001_0027RSPTRevue des sciences philosophiques et théologiques https://shs.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2016-1-page-27?lang=fr https://doi.org/10.3917/rspt.1001.0027 Le corps : un poids pour l’âme ? Bochet, Isabelle2016 âmeAugustincorpscorruptionJulien d’ÉclanenaturepéchéPlatoniciensPorphyrerésurrectionAugustinebodycorruptionJulius EclanusnaturePlatonistsPorphyryresurrectionsinsoulfre Revue des sciences philosophiques et théologiques | 100 | 1 | 2016-07-08 | p. 27-43 | 0035-2209 RSPT_100119 La citation récurrente de Sg 9, 15 : « Le corps qui se corrompt appesantit l’âme et sa demeure de terre accable l’esprit aux multiples pensées », dans le corpus augustinien, semble être l’indice d’un mépris du corps, hérité de la tradition platonicienne du corps-prison. De fait, dans ses premières œuvres, Augustin cite Sg 9, 15 pour affirmer que le corps est un obstacle à la contemplation de la vérité. Mais, dans ses œuvres ultérieures, il utilise Sg 9, 15 pour établir, contre les platoni­ciens, que le corps n’est pas la prison de l’âme et que le poids du corps est à imputer, non au corps lui-même, mais à sa corruptibilité : il n’y a donc pas à « fuir tout corps », comme le veut Porphyre. Face à Julien d’Éclane, enfin, il souligne, en citant Sg 9, 15, que la condition peineuse de l’homme aujourd’hui n’est pas le propre de la nature primitive de l’homme, mais la peine du péché qui a vicié la nature.The recurring quotation of Wisdom 9,15 : « For a perishable body weighs down the soul and this earthy tent burdens the thoughtful mind ». Indeed, in his first works, Augustine quotes Wisdom 9,15 in support of his claim that the body is an obstacle to the contemplation of truth. But in his later works he draws upon Wisdom 9,15 to argue against the Platonists that the body is not the prison of the soul and that the burden of the body must not be assigned to the body itself but to its corruptibility : therefore, there is no need to « escape » all bodies as Porphyry compells us to. Confronted with Julian of Eclane, quoting Wisdom 9,15 he emphasizes that the pained condition of man is not at the root of his primitive nature, but results from the pain of the sin that has corrupted nature. Cairn free access
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