« Tous les jours, On nous démolit »
Dans toute l’Europe, l’intégration des immigrés sur le marché du travail a tendance à être plus lente que celle des natifs. Cet article analyse empiriquement le rôle joué par les politiques d’intégration dans la réduction de cet écart dans les pays de l’Union européenne (UE). En nous appuyant sur l...
Guardado en:
| Autor principal: | |
|---|---|
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
2013
|
| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| id |
cairn-RQM_228_0002 |
|---|---|
| record_format |
cairn |
| language |
Français |
| format |
Article ou chapitre numérique |
| building |
0/Bibliothèque numérique/ 1/Bibliothèque numérique/Cairn/ |
| description |
Dans toute l’Europe, l’intégration des immigrés sur le marché du travail a tendance à être plus lente que celle des natifs. Cet article analyse empiriquement le rôle joué par les politiques d’intégration dans la réduction de cet écart dans les pays de l’Union européenne (UE). En nous appuyant sur l’indicateur de politique d’intégration pour migrants (MIPEX), nous constatons que les pays ayant des politiques plus développées en faveur de l’intégration des immigrés ne disposent pas nécessairement d’un taux d’emploi des personnes immigrées plus élevé. Cette constatation est due au fait que différents types de politiques ont des effets opposés : alors que les politiques favorisant le regroupement familial, luttant contre la discrimination et permettant la participation politique semblent augmenter l’intégration des personnes d’origine étrangère sur le marché du travail, une plus grande mobilité sur le marché du travail, ainsi qu’un accès plus large à la résidence permanente et à la nationalité sont négativement liés au taux d’emploi des immigrés. En outre, nos résultats confirment que l’intégration des immigrés sur le marché du travail varie en fonction de la composition des compétences de la population immigrée. Un plus haut niveau d’éducation favorise l’intégration. La composition de la population immigrée au sein d’un pays en termes de niveaux de qualifications, pourrait toutefois être également influencée par les politiques d’intégration dans les pays de destination potentiels, une hypothèse que nous testons également. Nous montrons que les politiques d’intégration agissent effectivement comme un facteur d’attraction. Cependant, il semble que les politiques d’intégration plus élaborées affectent principalement le nombre d’immigrés hautement qualifiés entrant sur le territoire, mais pas le nombre d’immigrés moyennement ou faiblement qualifiés. Des facteurs différents semblent donc être en jeu pour les personnes faiblement et moyennement qualifiées, mais une fois déplacées, nos résultats montrent que ce sont elles qui bénéficient le plus des politiques d’intégration. |
| author |
Pypaert-Perrin, Isabelle |
| spellingShingle |
Pypaert-Perrin, Isabelle « Tous les jours, On nous démolit » |
| author_facet |
Pypaert-Perrin, Isabelle |
| author_sort |
Pypaert-Perrin, Isabelle |
| title |
« Tous les jours, On nous démolit » |
| title_short |
« Tous les jours, On nous démolit » |
| title_full |
« Tous les jours, On nous démolit » |
| title_fullStr |
« Tous les jours, On nous démolit » |
| title_full_unstemmed |
« Tous les jours, On nous démolit » |
| title_sort |
« tous les jours, on nous démolit » |
| publishDate |
2013 |
| container_title |
|
| container_issue |
|
| url |
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-revue-quart-monde-2013-4-page-2?lang=fr https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rqm.228.0002 |
| _version_ |
1877246780948611072 |
| spelling |
cairn-RQM_228_0002RQMRevue Quart Monde https://shs.cairn.info/revue-revue-quart-monde-2013-4-page-2?lang=fr https://doi.org/10.3917/rqm.228.0002 « Tous les jours, On nous démolit » Pypaert-Perrin, Isabelle2013 fre Revue Quart Monde | 228 | 4 | 2013-12-01 | p. 2-3 | 0980-7764 RQM_22893 Dans toute l’Europe, l’intégration des immigrés sur le marché du travail a tendance à être plus lente que celle des natifs. Cet article analyse empiriquement le rôle joué par les politiques d’intégration dans la réduction de cet écart dans les pays de l’Union européenne (UE). En nous appuyant sur l’indicateur de politique d’intégration pour migrants (MIPEX), nous constatons que les pays ayant des politiques plus développées en faveur de l’intégration des immigrés ne disposent pas nécessairement d’un taux d’emploi des personnes immigrées plus élevé. Cette constatation est due au fait que différents types de politiques ont des effets opposés : alors que les politiques favorisant le regroupement familial, luttant contre la discrimination et permettant la participation politique semblent augmenter l’intégration des personnes d’origine étrangère sur le marché du travail, une plus grande mobilité sur le marché du travail, ainsi qu’un accès plus large à la résidence permanente et à la nationalité sont négativement liés au taux d’emploi des immigrés. En outre, nos résultats confirment que l’intégration des immigrés sur le marché du travail varie en fonction de la composition des compétences de la population immigrée. Un plus haut niveau d’éducation favorise l’intégration. La composition de la population immigrée au sein d’un pays en termes de niveaux de qualifications, pourrait toutefois être également influencée par les politiques d’intégration dans les pays de destination potentiels, une hypothèse que nous testons également. Nous montrons que les politiques d’intégration agissent effectivement comme un facteur d’attraction. Cependant, il semble que les politiques d’intégration plus élaborées affectent principalement le nombre d’immigrés hautement qualifiés entrant sur le territoire, mais pas le nombre d’immigrés moyennement ou faiblement qualifiés. Des facteurs différents semblent donc être en jeu pour les personnes faiblement et moyennement qualifiées, mais une fois déplacées, nos résultats montrent que ce sont elles qui bénéficient le plus des politiques d’intégration. Throughout Europe, the labour market integration of immigrants tends to lag behind that of natives. This paper empirically analyses the role played by integration policies in closing this gap in EU countries. Relying on the Migration Integration Policy Indicator (MIPEX), we find that countries with more developed policies favouring integration of immigrants are not necessarily associated with a higher employment rate of immigrants. This finding is due to the fact that different types of policies have opposite effects: while policies favouring family reunion, tackling discrimination and allowing for political participation seem to increase the labour market integration of immigrants, a higher labour market mobility, as well as larger access to permanent residence and nationality are negatively linked with the employment rate of immigrants. Moreover, our results confirm that immigrants’ labour market integration varies with the skill composition of the migrant population, a higher level of qualification favouring employment. The composition of the immigrant population within a country in terms of skill levels, however, could also be influenced by integration policies in potential destination countries, a premise which we also test. We show that integration policies indeed act as a pull factor for migration in a gravity model that controls also for the restrictiveness and skill selectivity of migration policies. Yet, it seems that more elaborate integration policies affect primarily the number of high-skilled immigrants entering the territory, but not the number of medium or low skilled, and this only for those from EU countries. Different factors hence seem to be at play for the low and medium skilled, but once moved, our results show that low-skilled migrants are the ones benefitting the most from integration policies in terms of employment rate.Cairn free access |