Enquêter sur une épidémie silencieuse

En 2020, le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP), dédié à l’indemnisation des pathologies provoquées par l’exposition professionnelle à ces produits, est créé en France. Ce fonds a ouvert une possibilité d’obtenir une réparation pour des pathologies pédiatriques suscepti...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile Nagusiak: Jouzel, Jean-Noël, Prete, Giovanni
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2026
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RPSF_156_0105
record_format cairn
spelling cairn-RPSF_156_0105RPSFRevue des politiques sociales et familiales https://shs.cairn.info/revue-revue-des-politiques-sociales-et-familiales-2026-1-page-105?lang=fr https://doi.org/10.3917/rpsf.156.0105 Enquêter sur une épidémie silencieuse Jouzel, Jean-NoëlPrete, Giovanni2026 droitémotionenfantsfamillepesticidesréparationsantéchildrencompensationemotionfamilyhealthlawpesticidesfre Revue des politiques sociales et familiales | 156 | 1 | 2026-03-10 | p. 105-113 | 2431-4501 RPSF_15671 En 2020, le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP), dédié à l’indemnisation des pathologies provoquées par l’exposition professionnelle à ces produits, est créé en France. Ce fonds a ouvert une possibilité d’obtenir une réparation pour des pathologies pédiatriques susceptibles de résulter de l’exposition professionnelle du père ou de la mère lors de la période prénatale. Depuis son lancement, peu de familles l’ont sollicité. Pour comprendre ce faible recours, cet article s’appuie sur les résultats préliminaires d’une enquête qualitative menée depuis janvier 2024 auprès de familles concernées. Il met en évidence les effets paradoxaux de la création du FIVP. D’un côté, ce dernier légitime une exigence de réparation pour les familles dont l’un des deux parents exerce une profession qui l’expose aux pesticides. Il contribue à cet égard à rendre dicible, au sein de la famille et en consultation médicale, l’hypothèse suivant laquelle la maladie de l’enfant résulte du travail de son père ou de sa mère. D’un autre côté, parce qu’il limite la reconnaissance aux professionnels exposés aux pesticides, le fonds soulève la question de la responsabilité du parent concerné dans sa propre exposition aux pesticides et, ainsi, dans celle de son (ou de ses) enfant(s). L’enquête met en évidence le sentiment de culpabilité qui peut en résulter et questionne la manière dont le contexte institutionnel mais aussi les structures familiales et les parcours professionnels influencent la possibilité de transformer cette culpabilité, de se dire victime au sein de la famille et en dehors et de faire valoir le droit à la reconnaissance. In 2020, French authorities created the Compensation Fund for Victims of Pesticides(FIVP in French) to provide compensation for illnesses caused by occupational exposure to these products. This fund opened up an unprecedented possibility of obtaining compensation for paediatric pathologies likely to result from the father’s or mother’s occupational exposure during the prenatal period. Since its launch, only a handful of families have sought compensation. To understand this under-compensation, this article draws on the preliminary results of a qualitative research carried out since January 2024 among concerned families. It highlights the paradoxical effects of the creation of the FIVP. On the one hand, it legitimises a compensation claim for families in which one of the parents works in a profession involvingpesticide exposure. In this respect, it contributes to reinforce the hypothesis that the child’s illness is the result of his or her father’s or mother’s work, both for the family and for medical practitioners. On the other hand, because it restricts compensation to professionals exposed to pesticides, the Fund raises the question of the parent’s responsibility for their own exposure to pesticides, and therefore for that of their child(ren). The study reveals a sense of guilt within families. It examines the way in which the institutional context , family structures and professional trajectories influence the possibility of transforming this guilt—of claiming the status of victim both within and outside the family—and of asserting the right to recognition. Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic droit
émotion
enfants
famille
pesticides
réparation
santé
children
compensation
emotion
family
health
law
pesticides
spellingShingle droit
émotion
enfants
famille
pesticides
réparation
santé
children
compensation
emotion
family
health
law
pesticides
Jouzel, Jean-Noël
Prete, Giovanni
Enquêter sur une épidémie silencieuse
topic_facet droit
émotion
enfants
famille
pesticides
réparation
santé
children
compensation
emotion
family
health
law
pesticides
description En 2020, le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP), dédié à l’indemnisation des pathologies provoquées par l’exposition professionnelle à ces produits, est créé en France. Ce fonds a ouvert une possibilité d’obtenir une réparation pour des pathologies pédiatriques susceptibles de résulter de l’exposition professionnelle du père ou de la mère lors de la période prénatale. Depuis son lancement, peu de familles l’ont sollicité. Pour comprendre ce faible recours, cet article s’appuie sur les résultats préliminaires d’une enquête qualitative menée depuis janvier 2024 auprès de familles concernées. Il met en évidence les effets paradoxaux de la création du FIVP. D’un côté, ce dernier légitime une exigence de réparation pour les familles dont l’un des deux parents exerce une profession qui l’expose aux pesticides. Il contribue à cet égard à rendre dicible, au sein de la famille et en consultation médicale, l’hypothèse suivant laquelle la maladie de l’enfant résulte du travail de son père ou de sa mère. D’un autre côté, parce qu’il limite la reconnaissance aux professionnels exposés aux pesticides, le fonds soulève la question de la responsabilité du parent concerné dans sa propre exposition aux pesticides et, ainsi, dans celle de son (ou de ses) enfant(s). L’enquête met en évidence le sentiment de culpabilité qui peut en résulter et questionne la manière dont le contexte institutionnel mais aussi les structures familiales et les parcours professionnels influencent la possibilité de transformer cette culpabilité, de se dire victime au sein de la famille et en dehors et de faire valoir le droit à la reconnaissance.
author Jouzel, Jean-Noël
Prete, Giovanni
author_facet Jouzel, Jean-Noël
Prete, Giovanni
author_sort Jouzel, Jean-Noël
title Enquêter sur une épidémie silencieuse
title_short Enquêter sur une épidémie silencieuse
title_full Enquêter sur une épidémie silencieuse
title_fullStr Enquêter sur une épidémie silencieuse
title_full_unstemmed Enquêter sur une épidémie silencieuse
title_sort enquêter sur une épidémie silencieuse
publishDate 2026
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-revue-des-politiques-sociales-et-familiales-2026-1-page-105?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rpsf.156.0105
_version_ 1877246778405814272