Une peinture sucrée : les plaisirs illégitimes de l’art pompier

En dépit de la valorisation politique et culturelle de la bonne chère dans la France postrévolutionnaire, la gourmandise n’en conserve pas moins une part d’ambivalence au xixe siècle, en particulier lorsqu’elle prend fond sur la démocratisation de denrées autrefois luxueuses. C’est le cas du sucre,...

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Autor Principal: Desbuissons, Frédérique
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2019
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-ROM_186_0028ROMRomantisme https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2019-4-page-28?lang=fr https://doi.org/10.3917/rom.186.0028 Une peinture sucrée : les plaisirs illégitimes de l’art pompier Desbuissons, Frédérique2019 fre Romantisme | 186 | 4 | 2019-12-10 | p. 28-39 | 0048-8593 ROM_18629 En dépit de la valorisation politique et culturelle de la bonne chère dans la France postrévolutionnaire, la gourmandise n’en conserve pas moins une part d’ambivalence au xixe siècle, en particulier lorsqu’elle prend fond sur la démocratisation de denrées autrefois luxueuses. C’est le cas du sucre, passé en quelques siècles d’épice précieuse à celui d’édulcorant courant. Cette ambivalence se manifeste lorsque la critique d’art déprécie les peintures « pompier » aux surfaces « léchées » et aux effets « crémeux » en les ravalant au rang de confiserie et de pâtisserie, ainsi que dans la disqualification du goût du public pour cet art « sucré ». Récurrentes dès le Second Empire, ces représentations peuvent être comprises dans une triple perspective : esthétique, celle des débats autour du médium pictural ; historique, des changements dans la consommation du sucre en France consécutifs à l’industrialisation de sa production à partir de la betterave ; culturelle, des fonctions normatives de la gastronomie alors qu’augmentent les consommations alimentaires.In spite of the cultural valorization of gastronomy in postrevolutionary France, gourmandise still retains a part of ambivalence in the 19th century, in particular when built on the democratization of once luxurious commodities like sugar. This ambivalence appears when art critics depreciate léchées (« licked » for over-finished) surfaces and creamy effects of pompier paintings, dismissing them as confectionary and patisserie. Recurring as early as the Second Empire, these representations may be understood in a triple perspective : aesthetical – that of the debate on the pictorial surface ; historical – that of the changes in the sugar consumption following the industrialization of beet sugar in France ; cultural – that of the normative functions of gastronomy while food consumption rises.Cairn free access
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description En dépit de la valorisation politique et culturelle de la bonne chère dans la France postrévolutionnaire, la gourmandise n’en conserve pas moins une part d’ambivalence au xixe siècle, en particulier lorsqu’elle prend fond sur la démocratisation de denrées autrefois luxueuses. C’est le cas du sucre, passé en quelques siècles d’épice précieuse à celui d’édulcorant courant. Cette ambivalence se manifeste lorsque la critique d’art déprécie les peintures « pompier » aux surfaces « léchées » et aux effets « crémeux » en les ravalant au rang de confiserie et de pâtisserie, ainsi que dans la disqualification du goût du public pour cet art « sucré ». Récurrentes dès le Second Empire, ces représentations peuvent être comprises dans une triple perspective : esthétique, celle des débats autour du médium pictural ; historique, des changements dans la consommation du sucre en France consécutifs à l’industrialisation de sa production à partir de la betterave ; culturelle, des fonctions normatives de la gastronomie alors qu’augmentent les consommations alimentaires.
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