Les civilisés de la barbarie (sur Les Misérables de Victor Hugo)

Cet article analyse les représentations sociales qui ont structuré les discours historiques dominants sur les Grands Boulevards du XIXe siècle. Deux versions de l’histoire des Boulevards ont investi la mémoire populaire. La première, établie par les mémorialistes de la seconde moitié du XIXe siècle...

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1. Verfasser: Vargas Llosa, Mario
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2006
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-ROM_134_0095ROMRomantisme https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2006-4-page-95?lang=fr https://doi.org/10.3917/rom.134.0095 Les civilisés de la barbarie (sur Les Misérables de Victor Hugo) Vargas Llosa, Mario2006 fre Romantisme | 134 | 4 | 2006-12-01 | p. 95-105 | 0048-8593 ROM_13479 Cet article analyse les représentations sociales qui ont structuré les discours historiques dominants sur les Grands Boulevards du XIXe siècle. Deux versions de l’histoire des Boulevards ont investi la mémoire populaire. La première, établie par les mémorialistes de la seconde moitié du XIXe siècle, soutenait que la vie du « Boulevard » avait atteint son zénith à l’époque des « dandys », de Balzac et du café Tortoni, soit entre les années 1820 et les années 1860. Si les auteurs ont pu diverger au sujet de la décennie la plus emblématique de l’apogée, ils s’accordaient en revanche pour souligner que cette heure de gloire avait été suivie d’une longue phase de déclin conduisant au « tournant du siècle », époque considérée – selon une vision élitiste et xénophobe – comme celle de la plus déplorable décadence du Boulevard. Ce modèle de mise en intrigue a persisté dans les écrits sur le Boulevard jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand une nouvelle image positive des années 1900 a émergé, en même temps qu’a été définie la nouvelle période historique qualifiée de « Belle Époque ». Après 1945, convaincus par cette interprétation séduisante, les historiens populaires ont créé et diffusé la mémoire d’un nouvel âge d’or pour les Grands Boulevards, les décrivant comme des espaces restés animés et à la mode jusqu’au déclenchement de la Grande Guerre. This article analyzes the social representations that have structured the dominant historical discourses on the nineteenth-century Grands Boulevards. Two versions of the Boulevards history have taken hold in popular memory. The first, established in memoirs during the second half of the nineteenth century, held that the life of “the Boulevard” was most brilliant and prestigious back in the times of the “Dandys”, Balzac, and the café Tortoni – somewhere between the 1820s and 1860s. The memoirists disagreed about which decades were best, but they agreed that the era of glory was followed by many years of decline – from an elitist and xenophobic point of view – culminating in the most lamentable decadence around the turn-of-the-century. This historical emplotment persisted in writings about the Boulevard until the years after the Second World War, when a new bright depiction of the era around 1900 emerged along with a new period label – “la Belle Époque”. Swept along by that appealing interpretation, popular historians after 1945 created and propagated the memory of a new golden age for the Grands Boulevards, portraying them as still lively and fashionable right up to the Grande Guerre. Cairn free access
language Français
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description Cet article analyse les représentations sociales qui ont structuré les discours historiques dominants sur les Grands Boulevards du XIXe siècle. Deux versions de l’histoire des Boulevards ont investi la mémoire populaire. La première, établie par les mémorialistes de la seconde moitié du XIXe siècle, soutenait que la vie du « Boulevard » avait atteint son zénith à l’époque des « dandys », de Balzac et du café Tortoni, soit entre les années 1820 et les années 1860. Si les auteurs ont pu diverger au sujet de la décennie la plus emblématique de l’apogée, ils s’accordaient en revanche pour souligner que cette heure de gloire avait été suivie d’une longue phase de déclin conduisant au « tournant du siècle », époque considérée – selon une vision élitiste et xénophobe – comme celle de la plus déplorable décadence du Boulevard. Ce modèle de mise en intrigue a persisté dans les écrits sur le Boulevard jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand une nouvelle image positive des années 1900 a émergé, en même temps qu’a été définie la nouvelle période historique qualifiée de « Belle Époque ». Après 1945, convaincus par cette interprétation séduisante, les historiens populaires ont créé et diffusé la mémoire d’un nouvel âge d’or pour les Grands Boulevards, les décrivant comme des espaces restés animés et à la mode jusqu’au déclenchement de la Grande Guerre.
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