La Neuromantik : une notion problématique

Ce n’est pas à la fin, mais au début du XIXe siècle que le terme de Neuromantik a été forgé pour désigner, en des termes souvent très dépréciatifs, le romantisme français. Ce n’est qu’à la fin du XIXe que la notion désigne un mouvement anti-naturaliste et symboliste et un retour au romantisme qui...

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Bibliografske podrobnosti
Glavni avtor: Bancaud, Florence
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2006
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-ROM_132_0049
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spelling cairn-ROM_132_0049ROMRomantisme https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2006-2-page-49?lang=fr https://doi.org/10.3917/rom.132.0049 La Neuromantik : une notion problématique Bancaud, Florence2006 fre Romantisme | 132 | 2 | 2006-03-01 | p. 49-66 | 0048-8593 ROM_13223 Ce n’est pas à la fin, mais au début du XIXe siècle que le terme de Neuromantik a été forgé pour désigner, en des termes souvent très dépréciatifs, le romantisme français. Ce n’est qu’à la fin du XIXe que la notion désigne un mouvement anti-naturaliste et symboliste et un retour au romantisme qui cristallise le divorce entre le sujet et le monde, le décalage profond entre l’expérience et la pensée. La Neuromantik, associée aux noms de l’éditeur Eugen Diederichs, de Ricarda Huch, d’Hofmannsthal, de Hauptmann, mais aussi des jeunes Rilke, T. Mann et Hesse, marque un refus de la spécialisation et de la rationalisation liées à l’essor du capitalisme, le rejet de la laideur de la technique au profit de la beauté du rêve et de l’imaginaire et une volonté de retour à la totalité et à l’origine. Elle oppose au culte du fait des naturalistes la fascination pour le possible, aux lois de la causalité et à la vocation de témoignage l’autonomie de l’art, le désir irrationnel de dépassement de toutes les limites qui fondera aussi l’esthétique expressionniste. Mais il faut moins voir dans la Neuromantik un retour régressif au romantisme du début du siècle qu’une rébellion, un acte de non résignation au réalisme, une prise de distance critique par rapport à la modernité qui permet ensuite à des écrivains comme Rilke, Hofmannsthal, Hesse ou T. Mann de dépasser le pur épigonalisme pour développer une œuvre et un style originaux. The term Neuromantik was coined not at the end, but at the beginning of the 19th century in order to designate french romanticism in often very derogatory words. It’s only at the end of the 19th century that the notion points out an anti-naturalistic and a symbolistic movement and a coming back to romanticism which cristallizes the gulf between the subject and the world, the wide gap between experience and thought. The Neuromantik , associated with the names of the editor Eugen Diederichs, of Ricarda Huch, Hofmannsthal, Hauptmann, but also of the young Rilke, T. Mann and Hesse, manifests the denial of the specialization and the rationalization connected with the rise of capitalicism, but also the reject of technical ugliness for the benefit of the beauty of dream and imagination and the will to return to totality and origin. Its opposes to the naturalistic worship of fact the fascination for the possible, to the causality laws and to the inclination to testimony the self-sufficiency of art and the irrational desire to overstep all bounds that will also found the expressionistic aesthetics. But we must less see in the Neuromantik a regressive return to the early romanticism than a rebellion, a gesture of revolt against realism, a will to keep modernity at a critical distance that allows then to writers like Rilke, Hofmannsthal, Hesse or T. Mann to overdo pure epigonalism to develop an original work and style. Cairn free access
language Français
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description Ce n’est pas à la fin, mais au début du XIXe siècle que le terme de Neuromantik a été forgé pour désigner, en des termes souvent très dépréciatifs, le romantisme français. Ce n’est qu’à la fin du XIXe que la notion désigne un mouvement anti-naturaliste et symboliste et un retour au romantisme qui cristallise le divorce entre le sujet et le monde, le décalage profond entre l’expérience et la pensée. La Neuromantik, associée aux noms de l’éditeur Eugen Diederichs, de Ricarda Huch, d’Hofmannsthal, de Hauptmann, mais aussi des jeunes Rilke, T. Mann et Hesse, marque un refus de la spécialisation et de la rationalisation liées à l’essor du capitalisme, le rejet de la laideur de la technique au profit de la beauté du rêve et de l’imaginaire et une volonté de retour à la totalité et à l’origine. Elle oppose au culte du fait des naturalistes la fascination pour le possible, aux lois de la causalité et à la vocation de témoignage l’autonomie de l’art, le désir irrationnel de dépassement de toutes les limites qui fondera aussi l’esthétique expressionniste. Mais il faut moins voir dans la Neuromantik un retour régressif au romantisme du début du siècle qu’une rébellion, un acte de non résignation au réalisme, une prise de distance critique par rapport à la modernité qui permet ensuite à des écrivains comme Rilke, Hofmannsthal, Hesse ou T. Mann de dépasser le pur épigonalisme pour développer une œuvre et un style originaux.
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