Mallarmé, les philosophes et les gestes de la philosophie
RésuméHenri Meschonnic l’affirme: il y a une «affaire Mallarmé», qu’auraient soulevée les philosophes post-heideggériens, faisant de Mallarmé le Hölderlin français, c’est-à-dire le poète-philosophe qui à ce titre, de Maurice Blanchot à Jacques Rancière ou Alain Badiou, intéresse les professionnels d...
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2004
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-ROM_124_0127ROMRomantisme https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2004-2-page-127?lang=fr https://doi.org/10.3917/rom.124.0127 Mallarmé, les philosophes et les gestes de la philosophie Delègue, Yves2004 fre Romantisme | 124 | 2 | 2004-07-01 | p. 127-139 | 0048-8593 ROM_1245 RésuméHenri Meschonnic l’affirme: il y a une «affaire Mallarmé», qu’auraient soulevée les philosophes post-heideggériens, faisant de Mallarmé le Hölderlin français, c’est-à-dire le poète-philosophe qui à ce titre, de Maurice Blanchot à Jacques Rancière ou Alain Badiou, intéresse les professionnels de la pensée. Je ne prends pas ici position sur l’affaire, mais je profite d’elle pour m’interroger sur les rapports entre philosophie et poésie. Si Mallarmé peut [-] être dit philosophe, comment faut-il l’entendre? Parler de sa «philosophie», c’est méconnaître la nature de l’expérience poétique qui le mena à «creuser le vers» et à «penser sa pensée» jusqu’au «néant». Mieux vaut parler des gestes philosophiques qui ont commandé sa pratique poétique, et qu’on retrouve chez d’autres écrivains, qu’ils soient ou non philosophes, parce que ces gestes concernent le rapport de la parole et des choses. C’est par ce biais qu’on peut comprendre ce qui unit et sépare à la fois poésie et philosophie et les rend l’une et l’autre plus que jamais indispensables aujourd’hui.Henri Meschonnic asserts that there is a “Mallarmé case ” brought to light by the postheideggerian philosophers who consider Mallarmé as a French Hölderlin. Hence, as a poetphilosopher, he has attracted the attention of scholars, from Maurice Blanchot to Jacques Rancière or Alain Badiou. Without taking sides on this issue, I wish to take the opportunity of querying the relationship between philosophy and poetry. If Mallarmé can be considered as a philosopher, how is this to be understood? To speak of his philosophy is to misunderstand the nature of the poetic experience that led him to “delve deeper in his verse ” and to “spin out his thought ” to the point of “nothingness ”. It is safer to speak of the philosophical gestures that [ ] governed his poetical practice, gestures which can also be found in other writers’ works, whether or not they are philosophers, because these gestures relate to the link between words and things. Only thus is it possible to understand how poetry and philosophy are at once united and separated, and what makes them both so essential, today more than ever.Cairn free access |
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RésuméHenri Meschonnic l’affirme: il y a une «affaire Mallarmé», qu’auraient soulevée les philosophes post-heideggériens, faisant de Mallarmé le Hölderlin français, c’est-à-dire le poète-philosophe qui à ce titre, de Maurice Blanchot à Jacques Rancière ou Alain Badiou, intéresse les professionnels de la pensée. Je ne prends pas ici position sur l’affaire, mais je profite d’elle pour m’interroger sur les rapports entre philosophie et poésie. Si Mallarmé peut [-] être dit philosophe, comment faut-il l’entendre? Parler de sa «philosophie», c’est méconnaître la nature de l’expérience poétique qui le mena à «creuser le vers» et à «penser sa pensée» jusqu’au «néant». Mieux vaut parler des gestes philosophiques qui ont commandé sa pratique poétique, et qu’on retrouve chez d’autres écrivains, qu’ils soient ou non philosophes, parce que ces gestes concernent le rapport de la parole et des choses. C’est par ce biais qu’on peut comprendre ce qui unit et sépare à la fois poésie et philosophie et les rend l’une et l’autre plus que jamais indispensables aujourd’hui. |
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