Introduction

RésuméWagner a beau s’être défini comme le théoricien de «l’œuvre d’art de l’avenir», le xxe siècle commençant n’a pas tardé à faire de cette figure prétendument aurorale, rien d’autre qu’un «beau crépuscule». De promesse d’une nouvelle ère historique par l’art régénérée, Wagner devient synthèse du...

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मुख्य लेखक: Séginger, Gisèle
स्वरूप: Article ou chapitre numérique
भाषा:Français
प्रकाशित: 2004
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id cairn-ROM_124_0003
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spelling cairn-ROM_124_0003ROMRomantisme https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2004-2-page-3?lang=fr https://doi.org/10.3917/rom.124.0003 Introduction Séginger, Gisèle2004 fre Romantisme | 124 | 2 | 2004-07-01 | p. 3-8 | 0048-8593 ROM_12496 RésuméWagner a beau s’être défini comme le théoricien de «l’œuvre d’art de l’avenir», le xxe siècle commençant n’a pas tardé à faire de cette figure prétendument aurorale, rien d’autre qu’un «beau crépuscule». De promesse d’une nouvelle ère historique par l’art régénérée, Wagner devient synthèse du passé, l’entier xixe siècle, un siècle dont il offrirait par excellence, jusque dans ses plus profondes ambiguïtés, le «visage spirituel». En ses traits convergeraient ainsi ceux de tous les grands hommes de ce siècle, dont le génie, marqué par la «grandeur» et les «souffrances», porteur d’utopies magnifiques mais dangereuses, constituerait un défi pour le siècle suivant, chargé de faire un sort à cet héritage embarrassant. Faire le procès de Wagner reviendrait donc, en littérature, à dresser celui d’un certain xixe siècle, celui du romantisme et de la philosophie de l’histoire, du génie, du sublime, des rêves de l’Un et du Total. Mais le procès du xixe siècle à travers Wagner n’aurait probablement pas eu une telle importance s’il n’avait été essentiellement un procès de la littérature du xxe à l’égard de la musique du xixe, admirée et détestée à la fois, parce que la seconde semble plus douée que la première pour dire l’ineffable. Ce défi s’est ainsi présenté parce qu’à l’aube du xixe siècle précisément, cette littérature s’est pensée pour la première fois comme absolue et que, presque au même moment, la musique, reine annoncée de l’œuvre d’art totale, s’est mise à représenter son plus grand danger.Although Wagner defined himself as the theoretician of the “work of art of the future ”, the forthcoming xxth century soon changed this supposedly figure of dawn into nothing but a “beautiful twilight ”. From the promise of a new historical era regenerated by art, Wagner became a synthesis of the past, the entire xixth century, of which he would, par excellence, present the “spiritual face ”, with its most profound ambiguities. On his features would thus focus those of all the great men of this century, the spirit of which, marked by the “grandeur ” and the “sufferings ”, and conveying wonderful but dangerous utopias, would constitute a challenge for the following century, in charge of disposing of the embarrassing inheritance. To attack Wagner would therefore amount, in literature, to attacking a certain xixth century, that of Romanticism, of the philosophy of history, of genius, of the sublime, of the dreams of the One and the Whole. But the trial of the xixth century through Wagner would not probably have had such an importance if it had not been essentially the trial of the xxth century literature against the xixth century music, which was admired and loathed at the same time, for the latter seemed more gifted than the former to say the ineffable. Hence, this challenge occurred because, at the dawn of the xixth century precisely, this literature conceived itself as absolute for the first time, and because at the same moment, music, the heralded queen of the complete work of art, began to represent its uttermost danger.Cairn free access
language Français
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