Les Lumières de Charles Taylor
Cette contribution tentera de cerner les enjeux de l’interprétation contrastée de la philosophie des Lumières proposée par Charles Taylor. Pourquoi le déisme et le matérialisme sont-ils perçus par Taylor comme des fourvoiements de la modernité ? Pourquoi considère-t-il que les Lumières ont méconnu...
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2020
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RMM_204_0497RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2020-4-page-497?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.204.0497 Les Lumières de Charles Taylor Spector, Céline2020 fre Revue de métaphysique et de morale | 108 | 4 | 2020-10-23 | p. 497-512 | 0035-1571 RMM_2049 Cette contribution tentera de cerner les enjeux de l’interprétation contrastée de la philosophie des Lumières proposée par Charles Taylor. Pourquoi le déisme et le matérialisme sont-ils perçus par Taylor comme des fourvoiements de la modernité ? Pourquoi considère-t-il que les Lumières ont méconnu la manière dont la subjectivité pouvait fonder ses aspirations morales et politiques ? Nous verrons que la philosophie des Lumières « radicales », selon Taylor, produit une morale et une politique incohérentes : elle postule que l’harmonie sociale procède de l’intérêt bien compris grâce à une ingénierie législative et éducative ; mais elle n’explique pas pourquoi l’idéal d’une société harmonieuse mérite d’être poursuivi. L’auteur des Sources du moi entérine de la sorte l’idée répandue d’une incohérence des philosophes matérialistes : leur psychologie hédoniste et égoïste est incompatible avec leur éthique, qui vise le plus grand bonheur du plus grand nombre. Les Lumières sont donc rendues responsables d’une vision contradictoire de la morale et d’une vision appauvrie de la subjectivité. This contribution examines Charles Taylor’s interpretation of the philosophy of the Enlightenment. Why does he regard deism and materialism as the philosophical dead ends of modernity? Why does he believe that the Enlightenment misunderstood how subjectivity could ground its moral and political aspirations? I will show that the “radical” Enlightenment, according to Taylor, produces an incoherent morality and politics: it postulates that social harmony proceeds from self-interest, due to legislative and educational engineering; but it does not explain why the ideal of a harmonious society is worth pursuing. The author of The Sources of the Self confirms the widespread idea that materialist philosophies are incoherent: their hedonistic and egoistic psychology is incompatible with their ethics, which aims for the greatest happiness of the greatest number. The Enlightenment is therefore made responsible for a contradictory vision of morality and an impoverished vision of the self.Cairn free access |
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Cette contribution tentera de cerner les enjeux de l’interprétation contrastée de la philosophie des Lumières proposée par Charles Taylor. Pourquoi le déisme et le matérialisme sont-ils perçus par Taylor comme des fourvoiements de la modernité ? Pourquoi considère-t-il que les Lumières ont méconnu la manière dont la subjectivité pouvait fonder ses aspirations morales et politiques ? Nous verrons que la philosophie des Lumières « radicales », selon Taylor, produit une morale et une politique incohérentes : elle postule que l’harmonie sociale procède de l’intérêt bien compris grâce à une ingénierie législative et éducative ; mais elle n’explique pas pourquoi l’idéal d’une société harmonieuse mérite d’être poursuivi. L’auteur des Sources du moi entérine de la sorte l’idée répandue d’une incohérence des philosophes matérialistes : leur psychologie hédoniste et égoïste est incompatible avec leur éthique, qui vise le plus grand bonheur du plus grand nombre. Les Lumières sont donc rendues responsables d’une vision contradictoire de la morale et d’une vision appauvrie de la subjectivité. |
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