Penser la laïcité de Catherine Kintzler, Minerve, 2014.
Le problème est le suivant : pourquoi faudrait-il critiquer l’usage de la notion de compétence pour penser la formation de l’homme ? Cet article se veut un effort de clarification terminologique, effort qui est toujours en même temps celui d’une clarification conceptuelle vis‑à-vis de nos propres ch...
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2015
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RMM_154_0561cRMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2015-4-page-561c?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.154.0561c Penser la laïcité de Catherine Kintzler, Minerve, 2014. Picavet, Emmanuel2015 fre Revue de métaphysique et de morale | 88 | 4 | 2015-11-17 | p. 561c-591c | 0035-1571 RMM_15421 Le problème est le suivant : pourquoi faudrait-il critiquer l’usage de la notion de compétence pour penser la formation de l’homme ? Cet article se veut un effort de clarification terminologique, effort qui est toujours en même temps celui d’une clarification conceptuelle vis‑à-vis de nos propres choix éthiques (comment agir en tant qu’éducateur, parent, enseignant ?) et une clarification stratégique vis‑à-vis des expressions véhiculées et publicisées dans le champ du savoir. C’est dans le passage d’une logique anthropologique à une autre que se mettent en place des enjeux politiques dont il faut tirer toutes les conséquences. La question classique de l’éducation relevait d’une anthropologie philosophique : penser les conditions nécessaires de l’éducabilité en droit de tout homme, riche de virtualités que l’empiricité de son existence viendrait actualiser selon les circonstances. La notion de compétence pose le problème d’une anthropologie économique : penser les conditions suffisantes de l’assignation de rôles sociaux en fait occupables par un individu. Dans un cas, on pense les réquisits d’un mouvement dynamique ouvert et infini en droit (problème de l’inaugural), dans l’autre cas, on pose les coordonnées d’un seuil qui devra être atteint en fait (problème du terminal). Dans ce nouveau paradigme anthropologique s’ouvre une logique parfaitement cohérente de légitimation de la compétition généralisée entre les individus, relayée conceptuellement par l’idée de performance. Ce papier essaie de dégager l’analyticité de cette solidarité conceptuelle pour mieux suggérer la nécessité d’une stratégie d’énonciation radicale lorsqu’il s’agit de penser l’éducation de l’homme : renoncer au terme de « compétence ».The problem is : why should one criticize the use of the notion of competence to think human education ? This paper is a terminological clarification effort, an effort that is still at the same time a conceptual clarification about our own ethical choices (how to act as an educator, a parent, a teacher ?) and a strategic clarification of publicized expressions in the field of knowledge. In the passage of an anthropological approach to another one, political issues are set up and one must draw all the consequences. The classical question of education was within a philosophical anthropology : thinking necessary conditions of educability in law of every man, full of possibilities that its existence would update depending on the circumstances. The concept of competence is the problem of an economic anthropology : thinking sufficient conditions for the assignment of social roles actually occupiable by a person. In the first case, one thinks the requisites of an open dynamic movement, infinite in law (the inaugural issue), in the other case, one sets the coordinates of a threshold that must be reached in fact (the terminal issue). In this new anthropological paradigm, a perfectly coherent logic appears which legitimate the widespread competition between individuals, supported conceptually by the idea of performance. This paper clear the analyticity of this conceptual solidarity to better suggest the need for a radical statement strategy when it comes to thinking human education : give up the term “competence”.Cairn free access |
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Le problème est le suivant : pourquoi faudrait-il critiquer l’usage de la notion de compétence pour penser la formation de l’homme ? Cet article se veut un effort de clarification terminologique, effort qui est toujours en même temps celui d’une clarification conceptuelle vis‑à-vis de nos propres choix éthiques (comment agir en tant qu’éducateur, parent, enseignant ?) et une clarification stratégique vis‑à-vis des expressions véhiculées et publicisées dans le champ du savoir. C’est dans le passage d’une logique anthropologique à une autre que se mettent en place des enjeux politiques dont il faut tirer toutes les conséquences. La question classique de l’éducation relevait d’une anthropologie philosophique : penser les conditions nécessaires de l’éducabilité en droit de tout homme, riche de virtualités que l’empiricité de son existence viendrait actualiser selon les circonstances. La notion de compétence pose le problème d’une anthropologie économique : penser les conditions suffisantes de l’assignation de rôles sociaux en fait occupables par un individu. Dans un cas, on pense les réquisits d’un mouvement dynamique ouvert et infini en droit (problème de l’inaugural), dans l’autre cas, on pose les coordonnées d’un seuil qui devra être atteint en fait (problème du terminal). Dans ce nouveau paradigme anthropologique s’ouvre une logique parfaitement cohérente de légitimation de la compétition généralisée entre les individus, relayée conceptuellement par l’idée de performance. Ce papier essaie de dégager l’analyticité de cette solidarité conceptuelle pour mieux suggérer la nécessité d’une stratégie d’énonciation radicale lorsqu’il s’agit de penser l’éducation de l’homme : renoncer au terme de « compétence ». |
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