Au lieu de soi : écriture de soi et vérité

Cet article se propose de discuter la façon dont Jean-Luc Marion décrit, dans Au lieu de soi, la formation et la déformation du « modèle augustinien de confession » chez Montaigne et Rousseau. Contrairement au « moi » moderne « encapsulé » en lui-même – tout tiers étant exclu –, la confession telle...

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Autor principal: Weill, Nicolas
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2009
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RMM_093_0421RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2009-3-page-421?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.093.0421 Au lieu de soi : écriture de soi et vérité Weill, Nicolas2009 fre Revue de métaphysique et de morale | 63 | 3 | 2009-09-07 | p. 421-434 | 0035-1571 RMM_0935 Cet article se propose de discuter la façon dont Jean-Luc Marion décrit, dans Au lieu de soi, la formation et la déformation du « modèle augustinien de confession » chez Montaigne et Rousseau. Contrairement au « moi » moderne « encapsulé » en lui-même – tout tiers étant exclu –, la confession telle que la pratique saint Augustin expulse nécessairement l’ego de sa sphère intérieure pour confronter celui-ci à un au-delà qui rend possible la vérité de soi-même. L’écriture de soi chez Augustin est éminemment performative et sa vérité réside avant tout dans l’acte et non dans une adéquation entre la chose et le récit. C’est ce caractère d’expérimentation qui pousse immanquablement le moi en direction d’une transcendance propre à l’attester et qui est au contraire perdu dans l’autobiographie moderne. Pourtant, la naissance de la psychologie expérimentale au siècle de l’Aufklärung et la prolifération des récits de vie à la première personne, notamment de philosophes, nous confrontent, certes dans un contexte désormais plus littéraire et médical, à une démarche d’accès à la vérité de soi-même encore effectuée comme acte d’écriture de soi. À partir de deux démarches autobiographiques, celle de Karl Philipp Moritz dans Anton Reiser et de Salomon Maimon dans la Lebensgeschichte, il sera montré comment, même renversés, certains traits du « modèle augustinien » semblent tenir bon au-delà de l’affaissement rousseauiste.This article is an attempt to discuss how Jean-Luc Marion’s book, Au lieu de soi, describes the collapse of the « augustinian pattern of confession », especially in Montaigne’s and Rousseau’s autobiographical works Les Essais and Les Confessions. Unlike the modern self, who is considered to be « locked up » in itself – and tertium non datur ! –, the Augustinian self appears to be necessarily thrown out of its internal realm in order to make possible the truth of the self. The writing of the self is by essence action and the acting out ofthe self becomes the only criterion of its truth. A thruth which does notstem from any adaequatio rei et mentis. On the contrary, modern autobiography lacks such relationship to experience, in so far as experience expels the ego out of its own self. However, the German Aufklärung provides some example of autobiographical pieces presenting, although indirectly, a survival of certain aspects of the « augustinian pattern », in particular Karl Philipp Moritz’s Anton Reiser and Salomon Maimon’s Lebensgeschichte.Cairn free access
language Français
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description Cet article se propose de discuter la façon dont Jean-Luc Marion décrit, dans Au lieu de soi, la formation et la déformation du « modèle augustinien de confession » chez Montaigne et Rousseau. Contrairement au « moi » moderne « encapsulé » en lui-même – tout tiers étant exclu –, la confession telle que la pratique saint Augustin expulse nécessairement l’ego de sa sphère intérieure pour confronter celui-ci à un au-delà qui rend possible la vérité de soi-même. L’écriture de soi chez Augustin est éminemment performative et sa vérité réside avant tout dans l’acte et non dans une adéquation entre la chose et le récit. C’est ce caractère d’expérimentation qui pousse immanquablement le moi en direction d’une transcendance propre à l’attester et qui est au contraire perdu dans l’autobiographie moderne. Pourtant, la naissance de la psychologie expérimentale au siècle de l’Aufklärung et la prolifération des récits de vie à la première personne, notamment de philosophes, nous confrontent, certes dans un contexte désormais plus littéraire et médical, à une démarche d’accès à la vérité de soi-même encore effectuée comme acte d’écriture de soi. À partir de deux démarches autobiographiques, celle de Karl Philipp Moritz dans Anton Reiser et de Salomon Maimon dans la Lebensgeschichte, il sera montré comment, même renversés, certains traits du « modèle augustinien » semblent tenir bon au-delà de l’affaissement rousseauiste.
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