Perturbatio uitae, si ita sit, atque officiorum omnium consequatur –

Cicéron était conscient que nombre de dogmes philosophiques fondamentaux ne pouvaient pas être prouvés au sens strict. Cependant, les considérant comme essentiels pour une vie de responsabilité, il fit de son mieux pour les rendre plausibles. Par moments, il affirme « souhaiter » que ces doctrines...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Görler, Woldemar
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2008
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Cicéron était conscient que nombre de dogmes philosophiques fondamentaux ne pouvaient pas être prouvés au sens strict. Cependant, les considérant comme essentiels pour une vie de responsabilité, il fit de son mieux pour les rendre plausibles. Par moments, il affirme « souhaiter » que ces doctrines fussent vraies, assurant qu’il y « croyait » vraiment, ce qui évidemment posait de grands problèmes pour un Académicien sceptique. Dans deux passages (Leg., I, 21 et Off., III, 33), il « demande » carrément à son interlocuteur de lui concéder comme base d’un raisonnement à venir ce qui ne pouvait pas être établi par des moyens rationnels : des postulats, annonçant Kant, en quelque sorte. Il y a une autre technique pour convaincre son auditoire. Pour rendre une thèse A plausible, Cicéron expose souvent quelles seraient les conséquences (B) si on se débarrassait de A. Régulièrement, ces conséquences sont fâcheuses, pour la plupart il s’agit d’un effondrement général de la vie en société. Donc B est rejeté et l’on se trouve conduit à maintenir A. Cicéron ne dit pas « B est impossible ». Il ne peut le faire car, en dépit de son caractère peu agréable, B demeure possible, il est simplement indésirable. Il apparaît que Cicéron incorpore un « postulat » : « B ne doit pas exister. » Ainsi donc l’argument est du même ordre que les « désirs », « croyances » et postulats explicites cicéroniens. Du point de vue linguistique, il existe un certain nombre de variétés. Ce schéma sert, entre autres, à Cicéron pour établir une forme modifiée de connaissance, l’existence des dieux, la liberté de la volonté, la loi naturelle. On peut relever quelques contradictions logiques, et l’on sent une teinte rhétorique. En effet, la « preuve » fondée sur la conséquence a ses racines dans la rhétorique classique. Dans les manuels sur « l’invention » (topique), on trouve un locus ex consequentibus. Le recours à la rhétorique semble en contradiction avec le débat philosophique. Mais Cicéron était à la fois orateur et philosophe. Il tenait même à ce que les deux disciplines fonctionnassent ensemble. Tout ce qu’il prône ex consequentibus, il l’estimait nécessaire pour une conduite rationnelle de la vie. Il essaie donc de faire partager sa conviction à ses auditeurs. Il ne mérite pas d’être blâmé pour avoir utilisé une argumentation à la fois philosophique et rhétorique pour atteindre ce but.