Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure

La comparaison entre Les Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim et le Cours de linguistique générale (CLG) fait apparaître la fameuse critique adressée par Lévi-Strauss à la tradition sociologique française à front renversé : que fait en effet Durkheim dans ce texte sinon « chercher...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Autor principal: Maniglier, Patrice
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2007
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RMM_072_0179
record_format cairn
spelling cairn-RMM_072_0179RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2007-2-page-179?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.072.0179 Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure Maniglier, Patrice2007 fre Revue de métaphysique et de morale | 54 | 2 | 2007-06-01 | p. 179-204 | 0035-1571 RMM_07231 La comparaison entre Les Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim et le Cours de linguistique générale (CLG) fait apparaître la fameuse critique adressée par Lévi-Strauss à la tradition sociologique française à front renversé : que fait en effet Durkheim dans ce texte sinon « chercher une origine symbolique de la société » ? Inversement, Saussure ne dit-il pas de son côté que la langue n’existe que comme « fait social » ou « dans la collectivité » ? Cet article montre que, bien qu’ils partagent le même nouage intime entre ces deux propositions, « le signe est social » et « le social est réel », Durkheim et Saussure ont des notions diamétralement opposées du symbolique et du social, et même de ce qu’être veut dire. Matériel, extérieur, identique pour tous selon Durkheim, le signe peut représenter la transcendance et l’unité de la réalité collective. Mais la révolution saussurienne commence avec la découverte que le signe linguistique lui-même (et pas seulement le sens) est « incorporel », spirituel, toujours en variation, et s’achève par l’affirmation de son être « de masse », en passant par la construction d’un concept radicalement nouveau : celui d’« institution pure ».Lévi-Strauss’s famous critique against sociological tradition appears quite uncanny when one tries to compare Durkheim’s Formes élémentaires de la vie religieuse and Saussure’s Cours de linguistique générale (CLG). What indeed does the father of French sociology do in this book, if not « looking for a symbolic origin to society », whereas the so-called founder of structuralism says that « langue » does not exist but as a « social fact », « in the collective body » ?... This paper shows that, even though they share the intricate articulation between these two points : « sign is social » and « social means a certain kind of reality », Durkheim and Saussure have opposed conceptions of the Symbolic and the Social, and even of what being means. Material, outside, identical for everybody according to Durkheim, the sign has to represent the transcendence and unity of collective reality. But saussurian revolution begins with the discovery of the fact that the linguistic sign itself (and not only its meaning) is « uncorporeal », spiritual, always varying, and ends up with the construction of the concept of « pure institution » and a completely different conception of the agenda for the ontology of social facts.Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description La comparaison entre Les Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim et le Cours de linguistique générale (CLG) fait apparaître la fameuse critique adressée par Lévi-Strauss à la tradition sociologique française à front renversé : que fait en effet Durkheim dans ce texte sinon « chercher une origine symbolique de la société » ? Inversement, Saussure ne dit-il pas de son côté que la langue n’existe que comme « fait social » ou « dans la collectivité » ? Cet article montre que, bien qu’ils partagent le même nouage intime entre ces deux propositions, « le signe est social » et « le social est réel », Durkheim et Saussure ont des notions diamétralement opposées du symbolique et du social, et même de ce qu’être veut dire. Matériel, extérieur, identique pour tous selon Durkheim, le signe peut représenter la transcendance et l’unité de la réalité collective. Mais la révolution saussurienne commence avec la découverte que le signe linguistique lui-même (et pas seulement le sens) est « incorporel », spirituel, toujours en variation, et s’achève par l’affirmation de son être « de masse », en passant par la construction d’un concept radicalement nouveau : celui d’« institution pure ».
author Maniglier, Patrice
spellingShingle Maniglier, Patrice
Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
author_facet Maniglier, Patrice
author_sort Maniglier, Patrice
title Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
title_short Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
title_full Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
title_fullStr Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
title_full_unstemmed Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
title_sort institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez durkheim et saussure
publishDate 2007
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2007-2-page-179?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rmm.072.0179
_version_ 1877246739299172352