Institution symbolique et vie sémiologique : la réalité sociale des signes chez Durkheim et Saussure
La comparaison entre Les Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim et le Cours de linguistique générale (CLG) fait apparaître la fameuse critique adressée par Lévi-Strauss à la tradition sociologique française à front renversé : que fait en effet Durkheim dans ce texte sinon « chercher...
محفوظ في:
| المؤلف الرئيسي: | |
|---|---|
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
2007
|
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | La comparaison entre Les Formes élémentaires de la vie religieuse de
Durkheim et le Cours de linguistique générale (CLG) fait apparaître la fameuse critique
adressée par Lévi-Strauss à la tradition sociologique française à front renversé : que
fait en effet Durkheim dans ce texte sinon « chercher une origine symbolique de la
société » ? Inversement, Saussure ne dit-il pas de son côté que la langue n’existe que
comme « fait social » ou « dans la collectivité » ? Cet article montre que, bien qu’ils
partagent le même nouage intime entre ces deux propositions, « le signe est social » et
« le social est réel », Durkheim et Saussure ont des notions diamétralement opposées
du symbolique et du social, et même de ce qu’être veut dire.
Matériel, extérieur, identique pour tous selon Durkheim, le signe peut représenter la
transcendance et l’unité de la réalité collective. Mais la révolution saussurienne commence avec la découverte que le signe linguistique lui-même (et pas seulement le sens)
est « incorporel », spirituel, toujours en variation, et s’achève par l’affirmation de son
être « de masse », en passant par la construction d’un concept radicalement nouveau :
celui d’« institution pure ». |
|---|