« Pourquoi prenons-nous titre d'être » ?

Le statut théorique et ontologique qu’il convient d’accorder à la première personne dépend, pour Montaigne comme pour Descartes, de celui que la pensée confère à Dieu. À l’intérieur de cette trame conceptuelle homogène se déploient deux pensées diamétralement opposées du sujet et de la divinité....

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Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Brahami, Frédéric
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2006
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Le statut théorique et ontologique qu’il convient d’accorder à la première personne dépend, pour Montaigne comme pour Descartes, de celui que la pensée confère à Dieu. À l’intérieur de cette trame conceptuelle homogène se déploient deux pensées diamétralement opposées du sujet et de la divinité. Aussi, plutôt que de voir en Montaigne la source préphilosophique de Descartes, ou en Descartes l’un des continuateurs dogmatiques de Montaigne, peut-on dessiner la structure spéculative où s’ébauche le conflit qui mettra plus tard aux prises les partisans de l’âme et ceux de la personne. Car, que l’ego soit l’attribut d’une substance ou l’effet de surface d’une vacuité intérieure, dans les deux cas, c’est en tant qu’il est situé relativement à l’infini qu’il acquiert sa consistance nouvelle. Pour que l’on pût s’opposer sur la nature du sujet, il fallait que la première personne émerge comme singularité, qu’ainsi l’individu ne soit plus pensé comme un exemplaire de l’espèce humaine.