Penser la peine

Dans le rapport qui s’établit, chez Hegel, entre le crime et la peine, c’est toute la validité du procès dialectique (et de son immanence) qui se joue en tant qu’il ne doit laisser place à aucune irrationalité. Penser la rationalité de la peine signifie, dans ce cadre, penser la continuité entre...

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Autor principal: Fœssel, Michaël
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2003
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RMM_034_0529
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spelling cairn-RMM_034_0529RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2003-4-page-529?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.034.0529 Penser la peine Fœssel, Michaël2003 fre Revue de métaphysique et de morale | 40 | 4 | 2003-12-01 | p. 529-542 | 0035-1571 RMM_03422 Dans le rapport qui s’établit, chez Hegel, entre le crime et la peine, c’est toute la validité du procès dialectique (et de son immanence) qui se joue en tant qu’il ne doit laisser place à aucune irrationalité. Penser la rationalité de la peine signifie, dans ce cadre, penser la continuité entre la volonté qui commet le crime et celle qui, en voulant la sanction, rejoint l’universel. C’est donc bien du point de vue du criminel qu’il faut se placer pour avoir une chance de saisir la vérité du droit pénal. Le crime, en même temps qu’il s’inscrit dans un ordre déjà régi par le droit, manifeste la finitude du droit abstrait, c’est-à-dire son incapacité à fournir un modèle de reconnaissance adéquat aux exigences de l’esprit. Dès lors, le passage à la « moralité » s’impose qui prend en charge la subjectivité agissante dans toute sa complexité et au cours d’un processus où le bien ne lui apparaît plus comme une contrainte. Mais ce passage n’est pas sans ambiguïté : Hegel nous met aussi en garde contre toute moralisation prématurée de la peine (sous la forme de la « vengeance ») : le droit pénal n’accède véritablement à l’effectivité qu’au terme de son institutionnalisation dans la « société civile ».Bei Hegel steht die ganze Gültigkeit des dialektischen Progresses (sowie dessen Immanenz) in der Beziehung, die zwischen Verbrechen und Strafe besteht, auf dem Spiel insoweit dieser keinerlei Irrationalität irgend welchen Spielraum einraümen darf. Die Rationalität der Strafe zu denken, heisst, in diesem Zusammenhang, sich die Kontinuität von dem Willen, der das Verbrechen begeht und jenem, der zum Universellen gelangt, indem er auf der Strafe besteht, vorstellen. Das heisst also, man muss vom Standpunkt des Verbrechers ausgehen, will man die kleinste Chance haben, die Wahrheit des Strafrechtes zu begreifen. Das Verbrechen, das einerseits Bestandteil einer Ordnung ist, die vom Recht regiert wird, zeigt zur gleichen Zeit die Begrenztheit des abstrakten Rechtes, das heisst dessen Unfähigkeit ein der geistigen Forderungen entsprechendes Anerkennungsbild vorzubringen. Von da an muss zur « Moralität » übergegangen werden, die die handelnde Subjektivität in ihrer ganzen Komplexität, und im Laufe eines Verfahrens, in dem das Gute ihr nicht mehr als Zwang erscheint, übernimmt. Dieser Übergang jedoch ist nicht ohne Zweideutigkeit : Hegel warnt uns auch vor jeglicher verfrühten Moralisierung der Strafe (in Form von « Rache ») : erst nach endgültiger Institutionalisierung in der « bürgerlichen Gesellschaft » wird das Strafrecht zur Wirklichkeit.Cairn free access
language Français
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