La négation comme sortie de l'ontologie

Wittgenstein hérite de Frege l’idée d’une égalité de statut entre affirmation et négation, mais au lieu d’en tirer la thèse d’une absence de force de la négation, il en restaure au contraire la force alors même qu’il ne lui correspond aucune objectivité. D’où vient cette force ? Cette force serai...

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Hovedforfatter: David-Ménard, Monique
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2001
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RMM_012_0059
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spelling cairn-RMM_012_0059RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2001-2-page-59?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.012.0059 La négation comme sortie de l'ontologie David-Ménard, Monique2001 fre Revue de métaphysique et de morale | 30 | 2 | 2001-06-01 | p. 59-67 | 0035-1571 RMM_01235 Wittgenstein hérite de Frege l’idée d’une égalité de statut entre affirmation et négation, mais au lieu d’en tirer la thèse d’une absence de force de la négation, il en restaure au contraire la force alors même qu’il ne lui correspond aucune objectivité. D’où vient cette force ? Cette force serait d’expression. Dans cet article, je montre que Wittgenstein n’est finalement pas intéressé par la question sémantique de la négation, mais plutôt par cette attitude propre au philosophe consistant à ne pas faire cas de son symbolisme opératoire, ce qui l’entraîne indûment à s’interroger sur son essence cachée. S’agissant du cas de la négation, Wittgenstein montre comment s’attaquer à la source de notre errement plutôt qu’à la source de la signification justifiant son usage. Il « traite » ainsi ce qu’il appelle dans une de ses Dictées le « problème de Socrate ». L’impasse sur le symbolisme de la négation est un symptôme d’aveuglement au symbolisme. Reste donc à saisir l’articulation du signe avec le symptôme, soit entre deux espèces de traits que Wittgenstein tient pour hétérogènes. Pourtant, dans son combat contre les préjugés grammaticaux, Wittgenstein entend bien redonner à l’expression du signe une importance qui permet de comprendre en même temps son action sur le symptôme (sa disparition). Dans la « résolution », une certaine concomitance freudienne entre les deux est donc présupposée. Nous examinons ce point de rencontre avec Freud tout en distinguant leurs conceptions respectives du grammatical.Wittgenstein inherits Frege’s conception of equality of status of negative and positive assertions. Yet, far from concluding with Frege that the negation is weak, he restores its strength while at the same time he thinks it is devoid of objectivity since negative facts do not exist. Where does this strength come from ? The answer is : from its sole expressivity. My contention is therefore to show that Wittgenstein is less interested in the semantics of negation than in the philosopher’s attitude which consists in neglecting the symbolic operation of negating, hence his questioning the essence of negation. Against this « symptom » Wittgenstein calls « Socrates’ problem », the right thing to do is to cure it by tracing back the root of our being misled by grammatical prejudices rather than to look for the source of meaning. What is to be treated is our blindness to symbolism. However we are left with a question concerning the connection between the sign of negation and the « symptom » resulting from omitting the latter. The difficulty arises from the fact that for Wittgenstein they belong to two different realms, while at the same time he seems to assume that the sole strength of expressing negation as a symbol could effect the desappearing of the symptom e.g. the « solution » of the « problem ». It is impossible to appraise this meeting-point between Wittgenstein and Freud without taking into account their respective conceptions of « the grammatical ».Cairn free access
language Français
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description Wittgenstein hérite de Frege l’idée d’une égalité de statut entre affirmation et négation, mais au lieu d’en tirer la thèse d’une absence de force de la négation, il en restaure au contraire la force alors même qu’il ne lui correspond aucune objectivité. D’où vient cette force ? Cette force serait d’expression. Dans cet article, je montre que Wittgenstein n’est finalement pas intéressé par la question sémantique de la négation, mais plutôt par cette attitude propre au philosophe consistant à ne pas faire cas de son symbolisme opératoire, ce qui l’entraîne indûment à s’interroger sur son essence cachée. S’agissant du cas de la négation, Wittgenstein montre comment s’attaquer à la source de notre errement plutôt qu’à la source de la signification justifiant son usage. Il « traite » ainsi ce qu’il appelle dans une de ses Dictées le « problème de Socrate ». L’impasse sur le symbolisme de la négation est un symptôme d’aveuglement au symbolisme. Reste donc à saisir l’articulation du signe avec le symptôme, soit entre deux espèces de traits que Wittgenstein tient pour hétérogènes. Pourtant, dans son combat contre les préjugés grammaticaux, Wittgenstein entend bien redonner à l’expression du signe une importance qui permet de comprendre en même temps son action sur le symptôme (sa disparition). Dans la « résolution », une certaine concomitance freudienne entre les deux est donc présupposée. Nous examinons ce point de rencontre avec Freud tout en distinguant leurs conceptions respectives du grammatical.
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