Boire et manger aux frais de la princesse : la table à la cour de Marguerite de France

L’étude de la cour et de l’hôtel de Marguerite de France, comtesse de Flandre, d’Artois et de Bourgogne (1312–1382) permet de cerner, malgré l’absence quasi complète de comptes de l’hôtel, l’importance de l’alimentation dans l’incarnation du pouvoir princier : elle démontre la capacité financière...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Santamaria, Jean-Baptiste
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2020
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:L’étude de la cour et de l’hôtel de Marguerite de France, comtesse de Flandre, d’Artois et de Bourgogne (1312–1382) permet de cerner, malgré l’absence quasi complète de comptes de l’hôtel, l’importance de l’alimentation dans l’incarnation du pouvoir princier : elle démontre la capacité financière et pratique du maître d’hôtel et des métiers à nourrir une cour itinérante tout en satisfaisant aux usages en vigueur dans l’aristocratie, faisant la part belle à la viande mais aussi au poisson de mer. La capacité de la comtesse à nourrir les siens s’appuie sur une grande plasticité des approvisionnements, en particulier le recours à une autoproduction par l’envoi de vin comtois en Artois, qui montre que la comtesse sait « vivre du sien », ce qui ne l’empêche pas d’exploiter de manière opportuniste ses droits seigneuriaux au détriment de certains fournisseurs peu désireux de faire affaire avec la comtesse, mais aussi au marché. Ainsi la comtesse dessine-t-elle par la table les contours d’un bon gouvernement à plusieurs niveaux : l’éthique guidée par les vertus chrétiennes, notamment la charité, l’économique fondée sur la bonne tenue de sa maison fédérée par la libéralité comtale, enfin le politique tant la table permet également d’associer alliés, parents et sujets, en particulier lors des joyeuses entrées.