Mario Praz (1896-1982)
On peut considérer Viktor Žirmunskij comme un des pionniers de la littérature comparée en Russie, tout autant que comme « le fondateur de la germanistique soviétique » ( Grande Encyclopédie soviétique). Moins connu en France que des formalistes russes comme Chklovski ou Eikhenbaum, il a partagé avec...
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2013
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RLC_346_0159RLCRevue de littérature comparée https://shs.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2013-2-page-159?lang=fr https://doi.org/10.3917/rlc.346.0159 Mario Praz (1896-1982) Brunel, Pierre2013 fre Revue de littérature comparée | 346 | 2 | 2013-07-01 | p. 159-160 | 0035-1466 RLC_34637 On peut considérer Viktor Žirmunskij comme un des pionniers de la littérature comparée en Russie, tout autant que comme « le fondateur de la germanistique soviétique » ( Grande Encyclopédie soviétique). Moins connu en France que des formalistes russes comme Chklovski ou Eikhenbaum, il a partagé avec eux leur définition de la littérature comme « art du mot » et de la poétique comme « science de la poésie comme art ». Mais il a senti et analysé très tôt le caractère réducteur de leurs théories, qu’il a cherché à compenser par une « poétique historique » fondée sur la comparaison entre littératures nationales différentes. Cet article se propose de retracer l’évolution de ce savant immensément cultivé, du poéticien déjà comparatiste au théoricien de la littérature comparée, à travers un itinéraire jalonné par des ouvrages spécifiquement comparatistes qui réalisent l’alliance qu’il souhaitait entre méthode formelle et méthode comparatiste. Cet itinéraire qui ne va pas sans concessions à l’idéologie marxiste-léniniste ambiante, surtout dans les années 1930, témoigne aussi de la liberté du critique, des risques qu’il a courus et des déboires que lui a coûtés, durant la guerre froide, son attachement fidèle au pluralisme culturel et à un comparatisme de plus en plus planétaire.Viktor Maksimovič Žirmunskij (1891-1971) Viktor Žirmunskij may be regarded as one of the pioneers of Comparative Literature, as well as “the founder of Soviet germanism” ( Great Soviet Encyclopedia). Although he is less known in France than Russian formalists such as Chklovsky or Eikhenbaum, he shared with them the definition of literature as “an art of the word”, and of poetics as “the science of poetry as an art”. However, very early, he analyzed the partial side of their theories for which he tried to compensate with a “historical poetics”, based on the comparison between several national literatures. The purpose of this paper is to relate the evolution of this scholar, from the Poetician open to Comparatism to the theoretician of Comparatism, through a path punctuated with specifically comparatist works that achieve the union of the “formal method” and “the comparatist method”. This path, which is not devoid of concessions to the prevailing marxist-leninist ideology, especially in the 1930’s, also reveals Žirmunskij’s freedom of thought, the risks he took and the trials which, during the Cold War, a faithful attachment to cultural pluralism and to Comparatism as a universal discipline cost him.Cairn free access |
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On peut considérer Viktor Žirmunskij comme un des pionniers de la littérature comparée en Russie, tout autant que comme « le fondateur de la germanistique soviétique » ( Grande Encyclopédie soviétique). Moins connu en France que des formalistes russes comme Chklovski ou Eikhenbaum, il a partagé avec eux leur définition de la littérature comme « art du mot » et de la poétique comme « science de la poésie comme art ». Mais il a senti et analysé très tôt le caractère réducteur de leurs théories, qu’il a cherché à compenser par une « poétique historique » fondée sur la comparaison entre littératures nationales différentes. Cet article se propose de retracer l’évolution de ce savant immensément cultivé, du poéticien déjà comparatiste au théoricien de la littérature comparée, à travers un itinéraire jalonné par des ouvrages spécifiquement comparatistes qui réalisent l’alliance qu’il souhaitait entre méthode formelle et méthode comparatiste. Cet itinéraire qui ne va pas sans concessions à l’idéologie marxiste-léniniste ambiante, surtout dans les années 1930, témoigne aussi de la liberté du critique, des risques qu’il a courus et des déboires que lui a coûtés, durant la guerre froide, son attachement fidèle au pluralisme culturel et à un comparatisme de plus en plus planétaire. |
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