L'original perdu de Nabokov, ou pourquoi le russe était « une bonne langue “de départ” mais une horrible langue “d'arrivée” »

L’autobiographie fantasmatique pratiquée par le Nabokov de la période américaine ne cessa d’approfondir la double question que l’auteur de l’essai « Pouchkine ou le vrai et le vraisemblable » (1937) articulait déjà : celle de l’inaccessibilité de l’auteur réel et de l’original intraduisible. S’ils s...

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Manylion Llyfryddiaeth
Prif Awdur: Guy, Laurence
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2012
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RLC_342_0181RLCRevue de littérature comparée https://shs.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2012-2-page-181?lang=fr https://doi.org/10.3917/rlc.342.0181 L'original perdu de Nabokov, ou pourquoi le russe était « une bonne langue “de départ” mais une horrible langue “d'arrivée” » Guy, Laurence2012 fre Revue de littérature comparée | 342 | 2 | 2012-07-01 | p. 181-198 | 0035-1466 RLC_34257 L’autobiographie fantasmatique pratiquée par le Nabokov de la période américaine ne cessa d’approfondir la double question que l’auteur de l’essai « Pouchkine ou le vrai et le vraisemblable » (1937) articulait déjà : celle de l’inaccessibilité de l’auteur réel et de l’original intraduisible. S’ils se partageaient un même original hors texte (le « vrai Nabokov », auquel nul n’aurait jamais accès), le romancier Sirine et son successeur américain ne pouvaient, certes, être identiques. Mais ils devinrent en outre de moins en moins équivalents au fur et à mesure que l’un s’appropriait les textes de l’autre. Le présent article explore ce paradoxe en s’interrogeant sur le travail de la ré-énonciation et du décentrement dont la traduction tardive de L’Exploit marqua le point d’aboutissement.The Lost Original of Nabokov, or Why “Russian Was a Good ‘From’ Language But a Terrible ‘Into’ One” The fantastical autobiography favoured by Nabokov in his American period never ceased to explore the double question that the author of the essay “Pushkin, or the Real and the Plausible” (1937) had already articulated : that of the inaccessibility of the real author and the untranslatable original. Even if they shared the same original (the “real Nabokov”, to whom nobody would ever have access), the novelist Sirine and his American successor could obviously not be identical. Indeed they became less and less equivalent as one appropriated the texts of the other. The present article investigates this paradox by examining the work of re-enunciation and decentering which culminated in the late translation of The Exploit.Cairn free access
language Français
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description L’autobiographie fantasmatique pratiquée par le Nabokov de la période américaine ne cessa d’approfondir la double question que l’auteur de l’essai « Pouchkine ou le vrai et le vraisemblable » (1937) articulait déjà : celle de l’inaccessibilité de l’auteur réel et de l’original intraduisible. S’ils se partageaient un même original hors texte (le « vrai Nabokov », auquel nul n’aurait jamais accès), le romancier Sirine et son successeur américain ne pouvaient, certes, être identiques. Mais ils devinrent en outre de moins en moins équivalents au fur et à mesure que l’un s’appropriait les textes de l’autre. Le présent article explore ce paradoxe en s’interrogeant sur le travail de la ré-énonciation et du décentrement dont la traduction tardive de L’Exploit marqua le point d’aboutissement.
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