De l'autobiographie dans le « roman moderne »
Au chapitre XXXIIII du Tiers Livre, Rabelais cite son nom parmi ceux d’anciens étudiants de la faculté de médecine de Montpellier. Cette allusion ludique, placée ainsi à l’arrière-plan, rappelle la primauté de l’écrivain sur son texte, offrant au roman, l’espace d’un instant, le visage à découvert...
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| Hovedforfatter: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2008
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Au chapitre XXXIIII du Tiers Livre, Rabelais cite son nom parmi ceux d’anciens
étudiants de la faculté de médecine de Montpellier. Cette allusion ludique, placée ainsi à l’arrière-plan, rappelle la primauté de l’écrivain sur son texte, offrant
au roman, l’espace d’un instant, le visage à découvert de l’auteur. Cervantès procède de même, dans Don Quichotte, quand, dans le « récit du captif », il s’autocite
sous le nom du soldat « Saavedra ». Sterne, au XVIIIe siècle, utilise le même procédé lorsque, sous Tristram, se cache le pasteur Yorick, son double littéraire.
Même Marcel Proust, dans la Prisonnière, jette le masque et s’écrie : « Mon cher
Marcel ».
Au XIXe siècle, les romans David Copperfield de Charles Dickens et Pierre ou
les ambiguïtés de Melville, écrits tous deux aux alentours de 1850, mettent en
place une signature interne, non plus de l’auteur, mais du texte, inventant une
nouvelle forme autobiographique. C’est l’univers même de l’écrivain qui est
autocité, mettant en jeu sa cohérence et sa circularité. Telle est la grande innovation du « roman moderne » qui n’a, par ailleurs, cessé, depuis les origines du
roman grec et latin, de présenter les aventures des héros comme vraies, établissant un lien particulier entre le narrateur supposé et le lecteur. |
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