Borges devant la Kabbale juive

Comme la mystérieuse monnaie orientale du conte du Zahir, et les syllabes improuvables de l’Écriture du dieu, (celle du tigre), l’Aleph magique du célèbre conte de Borges, se trouve inséré dans le tissu du monde matériel, tel qu’un microcosme à l’intérieur du cosmos infini. Doué de qualités conc...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Vigée, Claude
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2006
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Comme la mystérieuse monnaie orientale du conte du Zahir, et les syllabes improuvables de l’Écriture du dieu, (celle du tigre), l’Aleph magique du célèbre conte de Borges, se trouve inséré dans le tissu du monde matériel, tel qu’un microcosme à l’intérieur du cosmos infini. Doué de qualités concrètes et sensibles, c’est un Aleph un peu païen sur les bords. Au contraire dans la Kabbale juive authentique, dont Borges s’est en partie inspiré, l’Aleph, d’abord simple lettreconsonne muette de l’alphabet hébreu, demeure toujours un signe abstrait, qui ne fait pas vraiment partie de l’univers matériel extérieur. Il ne se situe pas physiquement dans l’espace, ne possède pas de substance propre, ne s’investit jamais à fond dans l’immanence. Nature et histoire lui demeurent donc étrangères par essence. Pourtant, à la fin de son récit, Borges nous livre les sources présumées de son œuvre d’imagination poétique. Il nous révèle aussi la signification supposée de l’Aleph biblique, et la visée ultime de son nom hébreu. C’est bien le Sans-Fin, l’Eïn-Sof de la mystique juive, qui, aux yeux rêveurs de Borges, se confond paradoxalement avec l’Aleph « incarné » de son conte fantastique.