Le couple droit/économie dans la théorie et le droit international du développement

Ce texte traite de la large question du rapport entre savoirs juridiques et économiques à travers le cas de la théorie du développement anglo-saxonne, un corpus protéiforme qui inclut notamment l’économie du développement, les études du développement issues des sciences sociales, ainsi que ce que le...

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Autore principale: McDougall, Pascal
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2018
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Ce texte traite de la large question du rapport entre savoirs juridiques et économiques à travers le cas de la théorie du développement anglo-saxonne, un corpus protéiforme qui inclut notamment l’économie du développement, les études du développement issues des sciences sociales, ainsi que ce que les francophones appellent le droit international du développement. Trois courants de pensée, nés pendant la période charnière du « tournant institutionnel » des années 1990 en théorie du développement, sont analysés. Ces courants sont (1) la Nouvelle économie institutionnelle de Douglass North, (2) la Nouvelle économie du développement de Joseph Stiglitz et (3) l’approche par les capabilités d’Amartya Sen. Ces trois courants ont complexifié l’image simpliste du droit véhiculée par l’économie néoclassique en mettant en lumière respectivement (1) l’importance des règles de droit des biens et des contrats plutôt que les catégories néoclassiques plus abstraites de « concurrence » et de « marché », (2) les défaillances du marché nécessitant une intervention juridique et (3) les droits humains comme composante non économique du développement devant être mis en œuvre par le droit. Ce faisant, ces courants ont accordé plus d’importance au droit et ébranlé la domination de la théorie du développement par l’économie et les économistes. Ce texte célèbre donc ces trois courants en les analysant en détail, mais en formule également une critique, arguant qu’ils ne tiennent malgré tout pas suffisamment compte de la complexité du phénomène juridique. Plus particulièrement, il soutient qu’ils ne fournissent pas de méthode pour choisir parmi les multiples régimes juridiques qui correspondent tous à la propriété privée et au contrat mais qui mènent à des allocations des ressources et des distributions des richesses différentes. Le texte propose des pistes de réflexion sur la façon de réformer l’analyse économique et la théorie du développement pour tenir compte de cette complexité juridique, appelant de ses vœux un nouveau « tournant institutionnel » pour compléter celui, indispensable mais inachevé, de North, Stiglitz et Sen.